Parti des travailleurs

Parti des travailleurs : Le PT est-il face à ses contradictions ?

Le Parti des travailleurs est en train de vivre des moments qui risquent de peser sur le rapport des forces dans ses instances dirigeantes. Le quotidien de cette formation politique est marqué, depuis la dernière session de son comité central, par une cascade de démissions. Ces défections ne se sont pas limitées à la sphère de la direction mais ont touché, également, sa base qui était pourtant, il n’y pas longtemps, acquise aux thèses et idées de sa secrétaire générale Mme Louisa Hanoune. Le PT pas connu une telle fronde même quand les fondements de la République étaient menacés et qu’il avait participé le 13 janvier 1995 à la conférence de Sant Egidio aux côtés de certaines formations islamistes qui avaient prôné un dialogue sans conditions et des concessions au parti islamiste dissous, le FIS, alors plongé dans une guerre sanglante qui n’avait causé que mort et désolation au pays. Quelles sont les raisons qui ont poussé plusieurs militants de ce parti, étiqueté par certaines voix de trotskyste, à quitter ses rangs ?
Les observateurs de la scène politique nationale avancent l’hypothèse que ce sont les remous de la vague du 22 février 2019, qui sont en train d’agiter les fondements du PT. Pour étayer leurs dires, ils indiquent que la scène politique a été fortement marquée par le mouvement du Hirak qui a consacré une rupture entre la société et les formations politiques dans leur format classique. Ces dernières sont appelées à engager une profonde refondation en prévision des prochaines joutes électorales, notamment les prochaines échéances, des législatives et du renouvellement des assemblées locales.
D’autres ne manquent pas de souligner que ces défections seront, inévitablement, suivies de recentrage dans les instances dirigeantes pour une refondation aussi bien de l’action politique que le fonctionnement des instances dirigeantes. Pour d’autres analystes, les dernières déclarations de la secrétaire générale, tenues après la dernière session du comité central, dans lesquelles elle avait affirmé que les autorités du pays avaient subi des pressions des Emirats arabes unis, à propos de l’emblème amazigh. Des militants de son parti ont qualifié ses propos de gauche, d’inopportuns et de graves accusations contre les hautes autorités du pays. « Elle a accusé les hautes autorités d’avoir cédé devant des pressions de l’étranger ce qui jette même un doute sur la souveraineté du pays pourtant acquise au prix d’une guerre de libération devenue référence dans le monde », indique un observateur politique.
Des militants de base de son parti affirment pour leur part que depuis, sa légalisation, au début des années quatre-vingt-dix, le PT n’a jamais connu de passage de témoins entre son ancienne garde et les jeunes militants. « Il est temps pour Louisa Hanoune de laisser le parti faire sa mue et de transmettre le flambeau à la nouvelle génération de militants. Elle incarne l’image du dirigeant politique inamovible qui s’est accaparé, sans partage, les rênes de la décision politique dans son parti. Cela doit changer. Le monde change, les aspirations du peuple sont incommensurables, mais Hanoune continue de verser dans une opposition de forme sans proposer des alternatives. »
Le PT a toujours mobilisé, et si son fonctionnement ne change pas, il sera voué à la disparition car il perdra son ancrage populaire. Le peuple qui a proposé, une feuille de route pour une Algérie nouvelle, les partis politiques se doivent de la concrétiser pour ne pas disparaitre. Le PT est une composante de cette scène politique, laquelle est appelée à muer pour ne pas se voir signifier la porte de sortie.
Slimane Ben