« La numérisation doit être finalisée d’ici à la fin de l’année, sinon je prendrai des mesures radicales » avait déclaré le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de sa rencontre périodique avec les journalistes algériens, le 26 septembre dernier. Quatre mois plus tard… Au Conseil des ministres tenu dimanche dernier : « le président de la République a hautement salué le niveau très avancé atteint, enfin, par l’Algérie dans la numérisation des informations et des données dans l’ensemble des secteurs… ». Le communiqué « enfin » traduit une opération rendue laborieuse par les « chauves-souris qui aiment travailler dans l’ombre ». Plus clairement, il s’agit des acteurs dans certains secteurs qui « ont préféré travailler dans l’opacité, retardant, délibérément, l’adoption de la numérisation ». La colère du Président était difficilement contenue. Elle aura, cependant permis de « réveiller » les trainards avant « les mesures radicales ». Tebboune a expliqué toute l’importance de cette numérisation « ainsi que le lancement de l’interconnexion et de l’analyse des données, ce qui permettra de cerner tous les dysfonctionnements auxquels l’État apportera les solutions idoines dans les délais ». On peut dire que du bilan d’étape de la numérisation, il ressort que celle-ci « a atteint un niveau très avancé ». Mais au 2ème paragraphe du communiqué concernant la numérisation, il est précisé que « Monsieur le président de la République a insisté auprès de tous les membres du Gouvernement sur la nécessité de former, sans délais, au sein de leurs services respectifs, des équipes techniques chargées de la mise à jour quotidienne des données intégrées dans la base de données nationale afin de permettre une lecture précise et fiable par les services appelés à les exploiter ». Le Président signifie, par-là, que la numérisation n’est pas une fin en soi. Ce n’est qu’un outil de travail qu’il faut alimenter en données et en mises à jour en temps réel. Pour mieux comprendre cette insistance du Président, un petit tour des sites Web des différents départements ministériels s’impose. Très peu sont mis à jour. Certains sont « inanimés » depuis des années. Tous manquent de réactivité. Quant à l’interconnectivité des secteurs, ou la prise en compte des attentes citoyennes, mieux vaut ne pas en rajouter. On a la nette impression que ces sites web ont été créés par obligation. Sans objectifs ni intérêts. C’est pourquoi, ils sont figés pour l’éternité. C’est de ce constat que le Président a « insisté pour la formation d’équipes techniques, dans tous les secteurs, chargées de la mise à jour quotidienne… ». Pour traduire l’expression de la volonté présidentielle, on peut dire « bravo pour le contenant ! Il reste maintenant à redoubler d’efforts pour le contenu avec compétence, rigueur et constance ! ». Du point de départ de la remontée des informations à la banque de données. Pour une exploitation minutieuse avant toute diffusion. La production numérique ne fait que commencer. Le prochain bilan d’étape n’est plus très loin !
Zouhir Mebarki








































