Une exposition photographique intitulée « 50 ans, 50 visages : l’exil sahraoui, une vie de résilience » a été inaugurée lundi soir au siège des Nations unies, à New York, en marge des délibérations du Conseil de sécurité sur la question du Sahara occidental. L’événement met en lumière les souffrances, la résilience et les aspirations du peuple sahraoui, confronté à un exil prolongé sous l’effet de l’occupation marocaine.
Organisée par le bureau new-yorkais de l’organisation Oxfam, en collaboration avec les missions permanentes de l’Algérie, du Belize, de la Namibie, de l’Afrique du Sud, du Timor oriental et de l’Ouganda auprès des Nations unies, cette exposition rassemble 50 photographies réalisées par le photographe sahraoui Adad Ami. À travers ces clichés, l’exposition donne à voir la résilience des femmes, des hommes et des jeunes Sahraouis, tout en mettant en lumière leurs souffrances et leurs aspirations. En associant photographie, témoignages personnels et documents historiques, elle restitue les réalités humaines d’un exil prolongé, tout en replaçant cette situation dans son contexte politique. La cérémonie d’ouverture a débuté par une allocution de bienvenue d’Afshalom Ngifetikiko, représentant permanent adjoint de la Namibie auprès de l’ONU. Des interventions ont ensuite été prononcées par Binda Nanda, représentant permanent de la Namibie auprès des Nations unies, Sidi Mohamed Amar, représentant du Front Polisario auprès de l’ONU, ainsi que Tarek Cherif, de l’organisation Rolling Loud. Brenda Muvia, responsable du bureau de liaison d’Oxfam International auprès des Nations unies, a prononcé le discours de clôture.
Un appel à faire respecter le droit à l’autodétermination
Les intervenants ont souligné l’importance d’accueillir cette exposition au sein même du siège des Nations unies, afin de sensibiliser la communauté internationale à la réalité vécue par le peuple sahraoui. Ils ont rappelé que les souffrances de ce dernier découlent, selon eux, de l’occupation marocaine du Sahara occidental et de la privation de son droit à l’autodétermination et à la liberté. Dans ce contexte, les participants ont relevé que le Conseil de sécurité examine actuellement la question sahraouie, appelant l’ONU à assumer pleinement ses responsabilités et à permettre au peuple sahraoui d’exercer librement et démocratiquement son droit à l’autodétermination. La cérémonie a réuni des diplomates représentant plusieurs missions permanentes auprès des Nations unies, des acteurs de la société civile, des professionnels des médias ainsi que des militants et des sympathisants de la cause sahraouie dans l’État de New York. Une réception a été organisée à l’issue de l’inauguration.
Une tentative d’entrave dénoncée
Par ailleurs, la représentation permanente de la puissance occupante marocaine aurait tenté d’empêcher la tenue de la cérémonie d’ouverture de l’exposition dans l’enceinte des Nations unies. Selon les organisateurs, cette tentative a échoué. Les diplomates et les autres participants présents ont condamné ce comportement, qu’ils considèrent comme révélateur des pratiques répressives du régime du Makhzen. L’exposition entend ainsi rappeler, à travers des parcours individuels et des témoignages visuels, la dimension humaine d’une question de décolonisation toujours en attente d’un règlement garantissant au peuple sahraoui l’exercice de son droit inaliénable à l’autodétermination.
M. S.




