Abbas-Tebboune

MAHMOUD ABBAS À ALGER : La Palestine au cœur du prochain Sommet arabe

La qualité exceptionnelle de l’accueil réservé au président de l’État de Palestine, Mahmoud Abbas, à son arrivée dimanche dernier après-midi à Alger, pour une visite de trois jours, indique bien l’attachement sincère des Algériens à la cause palestinienne, en tant que combat anti-colonial.
C’est le président Abdelmadjid Tebboune, accompagné de plus hauts responsables de l’État, qui était à l’aéroport international Houari-Boumediène pour souhaiter la bienvenue à Mahmoud Abbas, un invité de marque comme en témoignent les 21 coups de canon tirés en son honneur. Cet événement est une forme de riposte directe aux dirigeants arabes, principalement dans les monarchies, qui ont choisi de «normaliser» leurs relations avec l’Entité sioniste, alors qu’elle se comporte toujours en force d’occupation coloniale en Palestine. Le Makhzen est allé plus loin dans la «normalisation», en signant, fait sans précédent dans le monde arabe, un accord-cadre de coopération sécuritaire avec l’Entité sioniste ; accord dirigé contre l’Algérie, un «pays frère».
Mais cette «normalisation» est contestée au Maroc même. Des manifestations, réprimées par la police marocaine, ont été organisées le 29 novembre, dans 36 villes marocaines, à l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien. Le Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation annonce d’autres manifestations « pour mettre un terme à la normalisation ».
Pour sa part, l’Algérie maintient son soutien inconditionnel à la résistance du peuple palestinien, tout comme elle le fait pour la cause sahraouie qui concerne la libération du Sahara occidental, dernier territoire colonisé en Afrique. Le soutien aux peuples qui combattent pour la dignité, la liberté et l’indépendance, est une constante de la politique algérienne.
La visite du président Abbas permet de coordonner les positions de l’Algérie et de la Palestine en prévision du Sommet arabe qui se tiendra à Alger en mars prochain. L’Algérie a fait savoir que la cause palestinienne sera au centre des travaux du sommet. Il s’agit, dans les faits, d’un Sommet sur la Palestine, dont l’impact politique et médiatique, au stade de sa préparation déjà, se fait sentir dans le monde arabe.
Tout récemment, le président Tebboune a appelé la communauté internationale à « assumer ses responsabilités historiques envers la violation par l’occupation sioniste, de la légalité internationale et ses manœuvres visant à imposer la politique du statu quo, à se soustraire de ses engagements et à priver d’effet les conventions en vue de saper le projet d’édification de l’État palestinien souverain ». Il a également affirmé que la résolution de cette question passe par la proclamation d’un État palestinien indépendant sur les frontières de 1967 avec El-Qods pour capitale.
Le mouvement de résistance palestinienne, Hamas, a salué cette position du président Tebboune. Pour Hamas, la vague de la normalisation avec l’Entité sioniste « se brisera contre la position authentique de l’Algérie ». Avant le Sommet arabe, l’Algérie aura réglé la question de l’intrusion israélienne dans l’Union africaine (U.A.). Les tournées en Afrique et dans des pays arabes du ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, dès sa prise de fonction, ont permis de remettre en cause le statut d’observateur accordé à Israël par Moussa Faki (président de la Commission de l’UA.) et de renvoyer cette affaire devant le prochain sommet des chefs d’État de l’UA prévu en février prochain.
D’Alger, Mahmoud Abbas ira à Tunis, où les Tunisiens drapés des couleurs de la Palestine sont souvent dans la rue pour manifester leur soutien à la cause palestinienne. Simple coïncidence ? À Tunis, en ce moment, se déroulent les Journées théâtrales de Carthage sur le thème… « Le théâtre et la résistance ».
M’hamed Rebah