Projeté mercredi à la Cinémathèque d’Alger, le documentaire de Mohamed Ouali retrace l’itinéraire poignant de la moudjahida Louisa Ighilahriz, de son engagement précoce au sein du réseau familial de résistance jusqu’aux épreuves de la détention, érigeant le devoir de mémoire en ultime acte de combat face aux silences de l’histoire coloniale.
La Cinémathèque d’Alger a accueilli la projection du long métrage documentaire « Louisa Ighilahriz, mes derniers souvenirs », signé par le réalisateur Mohamed Ouali. Présenté sous l’égide du ministère de la Culture et des Arts et du Centre algérien de développement du cinéma (CADC), en présence de personnalités du septième art et de représentants institutionnels, ce docu-film de 54 minutes offre une immersion bouleversante dans le parcours de l’une des figures majeures de la guerre de libération nationale.
Produite par le ministère des Moudjahidine et des Ayants-droit, l’œuvre s’inspire directement du livre autobiographique de Louisa Ighilahriz, écrit avec la journaliste Anne Nivat et paru en 2001. À travers un récit intime et sans fard, la militante revient sur les traumatismes causés par les violences et la torture perpétrées par l’armée coloniale française, une douleur indélébile qu’elle a choisie de documenter pour la postérité.
Le film explore les prémices d’un engagement né dès l’âge de 15 ans au sein de la boulangerie paternelle, plaque tournante clandestine du Front de libération nationale où toute la famille prenait part au transport de tracts et d’armes. Cette trajectoire militante culminera avec son arrestation le 28 septembre 1957, prélude à un long calvaire carcéral à travers plusieurs centres d’interrogatoire et de torture, où elle croisera notamment sa mère et sa sœur. Pour enrichir cette parole vive, le documentaire croise les souvenirs de la moudjahida avec les analyses d’historiens, d’universitaires et de journalistes, dont Benjamin Stora, Mohamed El Korso, Malika Belatrous, Florence Beaugé et le cinéaste Mohamed Rachedi. Ensemble, ils replacent ce témoignage au cœur de la déconstruction de la propagande coloniale que Louisa Ighilahriz n’a cessé de défier.
Déjà dévoilé en avant-première lors du Festival du film méditerranéen d’Annaba, le film s’est conclu à Alger par une ovation debout du public et la remise d’un trophée honorifique à Louisa Ighilahriz, saluant une femme qui a fait de la mémoire un acte de résistance permanent.
R. C.











































