Grève

LES ALGéRIENS DISTINGUENT L’ACTION PACIFIQUE DES APPELS ANONYMES A LA DÉSOBEISSANCE CIVILE : La prudence après la preuve de maturité

Après les appels à la mobilisation citoyenne, via l’espace bleu, notamment, pour les trois derniers vendredi, dont le dernier, qui a connu des manifestations populaires pacifiques, à travers le pays, inédites dans l’histoire du pays, dont celle qui a fait vibrer Alger aux rythmes d’une vie citoyenne, les appels en question ont été relayés par des organisations, notamment syndicales, des acteurs de la société civile et de surcroît, des intellectuels, écrivains, artistes et des personnalités du monde politique.

Hier, l’appel anonyme à la grève générale, non relayé, par ceux cités auparavant, ne pouvait conduire qu’à une ambiance de désordre et de flou inquiétant, comme nous l’avons constaté, notamment avec la sortie des élèves, des établissements, moins d’une demi-heure après la cloche de 8 heures. Alors que les syndicats du secteur de l’éducation ont appelé à une grève dans leur secteur, pour la journée de mercredi prochain, hier, le secteur a connu une perturbation notable, avec l’entrée en grève des enseignants, en réponse à un appel pourtant anonyme, non relayé par les syndicats du secteur. D’autres secteurs d’activités ont connu le même sort, tels, celui du transports, ou du commerce, enregistrant un répondant général à l’appel en question, et beaucoup moindre, pour le second, notamment les premières heures de la matinée d’hier, avant que l’ambiance d’inquiétude ne se manifeste, par la sortie surprise des écoliers et lycéens, de leurs établissements respectifs, pour se lancer dans des marches improvisées, dans certaines rues d’Alger. Il était plus judicieux pour les syndicats de l’Éducation et des autres secteurs et des acteurs précités, de faire preuve davantage de sens de responsabilité, en pointant du doigt bien avant la journée d’hier, les risques qu’engendrent ce genre d’appel lancé dans l’anonymat dans l’espace bleu et de bouche à oreille, sans qu’il ne soit repris par des organisations syndicales, personnalités, artistes, universitaires, écrivains, acteurs politiques, qui s’affichent et l’expriment, quand il s’agit des appels à mobilisations citoyennes des trois derniers vendredi, suivis de répondant par les milliers de manifestants à travers le pays, dans une ambiance de civisme exemplaire. L’anonymat et le flou engendrent le désordre, et l’appel à la grève générale ou à la désobéissance ne peuvent que mener vers le chaos et pour prémunir le pays et son peuple de ce scénario, il faut de la désobéissance à ce genre d’appel anonyme, nuisible au mouvement populaire citoyen exemplaire, que connaît le pays depuis le 22 février. Si à la fin des deux dernières marches des vendredi, des voyous se sont incrustés, en se livrant à des vols, casses et jets de pierre contre les éléments de service de police qui ont été, eux aussi exemplaire  dans leur rôle joué, en direction des manifestations citoyennes, des trois derniers vendredi, l’appel anonyme est l’autre visage par lequel se manifeste les intrus et les parasites qui cherchent à entacher l’élan citoyen à travers le pays, en vue de le dévier du cours de ses aspirations pour lesquelles le citoyen algérien a fait entendre sa voix, depuis le 22 février dernier. Si les voyous en question ont été appréhendés, grâce à la vigilance et le travail des policiers, c’est aux syndicats des différents secteurs, artistes, intellectuels, étudiants, avocats, acteurs politiques et de la société civile à alerter le citoyen sur les nuisances de ce genre d’appels anonymes sur le cours du mouvement populaire pacifique et les risques qu’ils véhiculent sur le pays.
Karima Bennour