Les sources d’énergie ont été à l’ordre du jour de l’actualité à deux reprises ces derniers jours. En conseil des ministres, dimanche dernier, puis le lendemain, lors de la double commémoration de la création de l’UGTA, en 1956, et de la nationalisation des hydrocarbures en 1971. Au lendemain de l’Indépendance, on s’était rendu compte de la politique discriminatoire menée par le colonisateur français en matière de raccordement électrique en Algérie. La société qui était chargée de la distribution de l’électricité et du gaz en Algérie, à l’époque, était l’EGA (Électricité et Gaz d’Algérie). Les colons européens représentaient 87% du total des abonnés contre seulement 13% d’Algériens. Ce taux de raccordement des Européens était ainsi six fois supérieur à celui de la population algérienne qui, elle, était à l’époque 10 fois plus nombreuse. Aujourd’hui, la Sonelgaz a atteint un taux de couverture électrique de 99% au niveau national, tandis que le taux de raccordement au gaz naturel avoisine 70%. Une précision utile pour tous les béotiens de France qui considèrent la colonisation de « mission civilisatrice ». Ceci dit, ce retour sur le devant de l’actualité de l’énergie est lié à plusieurs objectifs.
D’abord sortir de la dépendance des hydrocarbures « tout en investissant dans les énergies nouvelles telles que l’hydrogène vert et l’énergie solaire dont l’Algérie dispose de grandes potentialités » comme l’a si bien exigé le président de la République au cours du dernier Conseil des ministres. Avant d’ajouter qu’il faut « préserver le pouvoir d’achat des citoyens en matière de consommation de l’énergie, et ce, en augmentant les investissements énergétiques et en luttant contre le gaspillage sous toutes ses formes ». Le but étant de laisser leur part aux générations futures. Le recours aux énergies renouvelables comme le solaire par les foyers algériens s’adosse nécessairement sur une politique attractive. À titre d’exemple, en septembre dernier, le Centre de développement des énergies renouvelables (CDER) a obtenu une accréditation délivrée par l’Organisme algérien d’accréditation (Algerac), lui permettant d’évaluer les qualités techniques et les performances thermiques des chauffe-eau solaires. L’idéal est que ce type de chauffe-eau se généralise.
Mais pas que ! Puisque la même installation solaire permet de générer de l’électricité. D’autre part, « Une formation de plusieurs mois dans l’installation des systèmes solaires photovoltaïques et d’éclairage public » a été annoncée par le Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (CEREFE). Il est clair que la transition a, dès le début, fait du surplace alors que l’énergie solaire a donné toutes les preuves de son efficacité dans la consommation domestique. Il ne reste plus qu’un bon contenu marketing et des moyens incitatifs pour faire basculer, en masse, les consommateurs algériens vers ce type d’énergie. Beaucoup de pays avancés comme l’Allemagne sont bien engagés dans cette voie. Avec beaucoup moins de soleil que nous !
Zouhir Mebarki