Le coup d’envoi des épreuves du BEM sous haute surveillance : Benghabrit en guerre contre la fraude

Devant s’étaler sur une période de trois jours, les épreuves du Brevet de l’enseignement moyen (BEM) débutent aujourd’hui. Alors que le ministère de l’Éducation nationale avait fait savoir que toutes les mesures ont été prises pour le bon déroulement de ces examens, une seule question taraude l’esprit.Ces dispositions seront-elles assez efficaces pour empêcher les tentatives de fraude à travers l’utilisation de Smartphones et d’internet ? Sachant que les épreuves de fin de cycle primaire, organisées mercredi dernier, n’ont pas été épargnées par ce phénomène qui décrédibilise les examens officiels.

Ce sont, donc, pas moins de 599 580 candidats concernés cette année par le BEM. Ces derniers devront concourir sur une dizaine de matières durant 3 jours consécutifs. Pour que ce rendez-vous éducatif se déroule dans de bonnes conditions et sans qu’il y ait de couacs, le département de Nouria Benghabrit avait assuré que les dispositions nécessaires ont été mises en place. Seulement ce qui s’est passé lors de l’examen de cinquième du 23 mai dernier laisse planer le doute en ce qui concerne, surtout, l’efficacité des mesures de lutte contre la fraude. En effet, les sujets d’examens de français, d’arabe et de mathématique ont été publiés quelques secondes après le début des épreuves sur les réseaux sociaux. Cette pratique qui se limitait les années précédentes seulement chez les candidats de classes supérieures, s’est finalement propagée même chez les bambins de moins de 12 ans. Ceci suscite beaucoup de points d’interrogations sur la façon avec laquelle procèdent ces élèves à tricher mais aussi sur l’existence d’une éventuelle complicité du personnel chargé de la surveillance dans les salles.
En tout cas, si le scénario des sessions précédentes se répète cette année, c’est que le ministère de l’Éducation nationale n’a pas pu mettre totalement fin au phénomène de fraude à travers l’utilisation de moyens technologiques. Il faut aussi s’interroger sur la réalité des sanctions des fraudeurs, car si celles-ci sont fermement appliquées ça aurait, certainement, eu un effet dissuasif sur les autres candidats qui ont, peut être, l’intention de recourir à cette pratique. Il convient de souligner que pour la sécurisation du BEM, la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a mobilisé 12 000 agents. L’Office national des examens et concours de Kouba à Alger (ONEC), de même que l’Office régional de Batna, seront soumis à la surveillance par le biais du Centre de commandement et de contrôle CCC) à travers la mobilisation de 32 caméras pour les besoins de surveillance des salles de conservation des sujets des épreuves. Aussi, l’activité du Service central de lutte contre les crimes liés aux technologies de l’information et de la communication (TIC) sera réactivée à cet effet. Des brouilleurs seront mis à la disposition du ministère de l’Éducation nationale. À noter que le nombre total des candidats à cet examen, dont les résultats seront affichés le 18 juin prochain, s’élève à 595 865 candidats, contre 566 221 l’année précédente, soit une hausse de 5,9%, selon les chiffres fournis par le ministère de l’Éducation nationale. Les élèves qui auront obtenu une moyenne égale ou supérieure à 10/20 accèderont automatiquement en classe de première année secondaire sur la base de la moyenne décrochée à l’examen national et celle de l’évaluation continue de l’année. Le taux de réussite à l’examen du BEM, pour la session juin 2017 a été estimé à 56,33%.
Ania Nait Chalal