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Le coronavirus et les mauvaises habitudes sociales

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Par Ali El Hadj Tahar

Tous les pays de la planète ont pris des mesures pour prévenir et/ou traiter les cas de coronavirus et stopper la propagation de l’épidémie. Des frontières fermées comme en temps de guerre, des écoles, des marchés et des établissements fermés, eux aussi, des manifestations reportées voire, des régions entières mises en quarantaine, comme c’est le cas en Chine et en Iran, et maintenant en Italie qui vient de boucler tout le Nord du pays. L’Arabie saoudite vient même d’interdire la visite des deux sites les plus sacrés de l’Islam ; la Mecque et Médine. Quarantaine ne veut plus dire quarante jours dans les cas du (COVID-19), mais seulement quatorze. Avec 366 morts et plus de 7 300 cas confirmés, l’Italie a décidé de confiner 15 millions de personnes, soit le quart de sa population.
Avec près de 1 126 cas de contamination et 19 décès, la France est le cinquième pays le plus touché dans le monde. L’Hexagone est en train de se préparer au passage au stade 3 de l’état d’alerte, qui devrait survenir dans les prochains jours. À ce stade, la lutte contre l’épidémie prévoit la suspension de certains transports en commun, la fermeture d’écoles sur tout ou partie du territoire, la restriction des rassemblements et la mobilisation de tous les secteurs de soin. L’Algérie est géographiquement proche à la fois de la France et de l’Italie et commerce beaucoup avec la Chine. Avec près de cinq millions de nos concitoyens vivant dans l’Hexagone avec lequel nous sommes reliés par plusieurs vols aériens et navettes maritimes, les autorités ont certainement pensé à la question, tout comme aux relations avec la Chine, même si les réseaux sociaux s’enflamment s’agissant du maintien des vols d’Air Algérie à destination de ce pays. Les non spécialistes ne devraient pas polluer le débat, et d’ailleurs l’OMS a déjà mis en garde contre la pandémie des rumeurs.
D’importantes décisions ont été prises en Algérie, dont le renforcement de grands hôpitaux du pays par de nouveaux laboratoires d’analyses pour éviter les déplacements à l’Institut Pasteur. Cette mesure touche les centres d’Oran, Sétif, Annaba, Tamanrasset et Ouargla. Par ailleurs, les aéroports, ports et gares routières ont été équipés et/ou renforcés en caméras thermiques supplémentaires pour détecter d’éventuels cas. Il n’y a pas lieu de douter que l’Algérie possède les moyens pour faire face à ce virus et œuvre dans sa lutte conformément aux instructions de l’OMS, sans oublier les contrôles aux différents postes frontaliers. Cependant, ce disposition devrait inclure un certificat de vaccination pour toute personne venant de l’étranger, car un porteur de (COVID-19) ne peut être détecté par les caméras au tout début de l’infection qui couve plus d’un mois avant de montrer ses symptômes. « Avec ce coronavirus, la contagion commence avec le début des symptômes et parfois chez des gens qui n’ont pas de symptômes », a expliqué le Pr Arnaud Fontanet. La solution la plus sûre est donc celle adoptée par l’Arabie saoudite qui a imposé à toute personne arrivant au pays la présentation d’un certificat de vaccination valide avec un vaccin méningocoque quadrivalent (A, C, Y, W), vaccin administré au moins dix jours avant l’arrivée prévue en Arabie saoudite.
Seul le renforcement des mesures pour éviter l’arrivée de nouveaux porteurs permettra d’éviter le pire, d’autant que la situation financière du pays ne permet pas de supporter la mise sous quarantaine de régions entières. Dans cet ordre d’idée, le Salon de l’Environnement et des Énergies renouvelables d’Alger a été reporté à une date ultérieure. Cependant, toutes ces mesures seraient vaines si les citoyens ne font pas preuve de vigilance, de responsabilité et surtout d’hygiène. À quoi cela servirait-il de différer une rencontre économique ou culturelle, si les mauvaises habitudes perdurent ? Chez nous, le virus aura pour allier ces réunions inutiles sur les marchés et ailleurs, ces pertes de temps dans les rues, cette chique qu’on jette partout, ces crachats dans les lieux publics et d’autres défauts qui risquent d’être aggravants.
A. E. T.

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