Le BP étant assaini, Ouled Abbès entame, hier à Constantine, la restructuration des kasma et mouhafadha : La purge du FLN arrive à la base

Le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, secoue le cocotier de la grande maison FLN en prévision des échéances à venir. L’objectif étant de faire tomber les têtes, qui lui posent des soucis au sein du Bureau politique, chose faite désormais. En second lieu, viendra une vaste opération de restructuration de la base militante, entamée d’ailleurs hier, depuis Constantine, où le patron du FLN a tenu une rencontre régionale à cet effet et laquelle a regroupé élus et cadres issus de neuf wilayas de l’Est du pays.

À travers la démarche d’Ould Abbès, qui a dû être bousculé par tant de critiques à son égard émanant même de partis se réclamant du pouvoir, lui déniant le droit de parler de «la légitimité historique», le FLN s’efforce de montrer une image d’un parti qui veut faire passer le flambeau aux jeunes générations. Il n’y a qu’à voir la récente purge opérée au sein du Bureau politique et les profils des éléments intronisés pour appréhender le fond de cette démarche. Peu de temps auparavant, cette purge a été menée in extra-muros, qui a résulté de la mise à l’écart de bon nombre de membres du Comité central. Ainsi, étaient excommuniés les Baha Eddine T’liba, Mohamed Djamaï…dans une opération qui a fini par emporter l’autre tête de rébellion, le sénateur Abdelwahab Benzaïm. Dans sa stratégie, Ould Abbès a laissé faire ses adversaires, dont certains l’ont attaqué frontalement et d’autres par des moyens détournés, avant de sévir et d’annoncer leur exclusion. Maintenant que les grosses manœuvres qui planent sur la prochaine session du Comité central soient neutralisées, place au renouvellement des instances de base, kasma et mouhafadha, à savoir. L’agenda de la rencontre du CC est jugé en effet d’une importance stratégique pour l’exposer à des surprises sachant qu’il sera question d’établir le bilan définitif des réalisations du chef de l’État depuis qu’il était à la tête du pays en 1999. Pour la suite de l’assainissement du fichier organique, entamé du haut sommet de la hiérarchie et réorienté vers la base, le coup d’envoi de l’opération a été donné, hier, à la capitale de l’Est, par Ould Abbès lui-même.
Cette rencontre a regroupé neuf wilayas, notamment Constantine, Oum El Bouagui, Sétif, Jijel, Mila, Skikda, Batna, Tébessa et Khenchela, à laquelle ont pris part les élus locaux (APC et APW), députés et sénateurs du parti issus de ces régions. Pour ce faire, le chef du FLN a chargé trois membres du BP, notamment Ahmed Kharchi, Fouad Sebouta et Nasser Latreche, pour mener à bien cette mission de restructuration dans les mouhafadha et kasma de ces wilayas. Cette opération, qui pourrait prendre de 20 à 30 jours, touchera toutes les autres structures dans les 48 wilayas. Dès lors, cette période avancée suppose que la réunion du CC n’a pas encore été arrêtée. Au-delà donc du besoin d’injecter du sang neuf dans les structures locales, il sera question de donner un nouveau souffle à la mobilisation du parti pour préparer les prochaines élections, dont figure en premier lieu le renouvellement partiel de la composante du Conseil de la nation, attendu fin décembre 2018 et les présidentielles de 2019 qui suivront. En tout cas, conscient des péripéties connues au renouvellement des instances organiques du parti, Ould Abbès délimite le terrain à toute voix d’opposition.
Autrement, la procédure de nomination des Secrétaires de mouhafadha et les responsables de kasma passera par des élections et non pas des désignations tel que ce fut le cas pendant des années au FLN. Une opération qui risque tout de même de voir au devant de la scène le retour des caciques de la vielle formation politique parmi les plus adversaires à Ould Abbès.
Farid Guellil