À l’invitation du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, le ministre français de l’Intérieur Laurent Nunez est arrivé hier à Alger, pour tenter de renouer le contact de la France avec l’Algérie et parvenir au dégel des relations entre les deux pays. Des relations qui, faut-il le souligner, étaient viciées par un discours et des pratiques inamicales souvent véhiculé par une extrême droite encore empreinte de la pensée coloniale de l’OAS. Les discussions ont abordé surtout les questions sécuritaires. Le rôle de l’Algérie dans la lutte contre l’émigration clandestine et le trafic transfrontalier est reconnu à l’échelle mondiale et sa capacité à assurer une barrière au niveau de la rive sud de la méditerranée pour contrer les réseaux criminels actifs dans ce domaine n’est plus à présenter. Il faut rappeler qu’après sa nomination à l’Hôtel Bauveau, Laurent Nunez avait affirmé que les tensions qui marquent les relations entre l’Algérie et la France, ont conduit à l’arrêt de la coopération sur le plan sécuritaire, insistant sur l’urgence de la reprise de l’entraide pour parvenir à juguler le flot de l’émigration clandestine qui s’est déversé sur la France depuis la guerre en Libye et la détérioration des relations entre Alger et Paris. C’est le premier contact officiel, depuis dix mois entre l’Algérie et la France et le ministre français de l’Intérieur, accompagné d’une délégation composée d’officiels de la police et de la gendarmerie, selon le quotidien Le Monde, aura à démontrer la bonne foi des autorités de son pays, dont les sorties publiques sont construites selon la rhétorique de l’extrême droite qui continue de cultiver de la haine à l’égard de l’Algérie indépendante et souveraine. C’est l’occasion, surtout pour la France d’exprimer sa volonté de traiter d’égal à égal, dans le cadre du respect mutuel avec l’Algérie pour construire des relations profitables aux peuples des deux pays. « Je me rends en Algérie pour une réunion de travail avec mon homologue. Il y a eu une phase de préparation entre services à un niveau technique et donc maintenant, on passe à la phase politique », a commenté vendredi dernier Laurent Nuñez, lors de son déplacement à Marseille. Pour les deux ministres de l’Intérieur, cette rencontre sera l’occasion de discuter entre autres de la lutte contre le terrorisme, les narcotrafiquants mais aussi de l’immigration illégale. C’est tout de même un premier signe de dégel qui est envoyé. « J’ai toujours été confiant dans le rétablissement des relations sécuritaires avec l’Algérie (…) Cette visite est l’aboutissement de cette position, qui est de continuer à dialoguer avec les autorités algériennes sur les questions de sécurité. Ça me paraît indispensable », avait déclaré Laurent Nuñez vendredi dernier. Une position qui tranche avec celle de son prédécesseur, Bruno Retailleau, qui avait poussé au pourrissement des relations. Un ancien ministre de l’Intérieur qui est allé au bras de fer avec l’Algérie, notamment sur la question des réadmissions, c’est-à-dire du retour dans leur pays des ressortissants algériens en situation irrégulière, d’obligation de quitter le territoire français (OQTF). Un dossier épineux qui sera forcément abordé dans les jours à venir. À ce jour, aucun ressortissant algérien sous OQTF n’a été accepté par Alger qui continue de camper sur sa position de principe, traiter chaque cas, selon les accords entre les deux pays et les conventions internationales. Également au menu de cette visite, les sujets susceptibles d’être traités entre Sayoud et Nunez, figure celui du journaliste Christophe Gleizes définitivement condamné par la justice algérienne en décembre dernier à sept ans de prison ferme pour « apologie du terrorisme ». Ce dernier qui a épuisé toutes les voies de recours, ne pourra retrouver la liberté qu’à la faveur d’une grâce qui serait prononcée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, premier magistrat du pays. Il faut rappeler qu’il y a quelques jours, la présidente de l’association d’Amitié France- Algérie Mme Ségolène Royal, qui avait séjourné en Algérie, avait affirmé que, eu égard à l’histoire commune entre les deux pays, la France se devait de se tourner vers l’Algérie pour tisser avec elle des relations de respect mutuel et d’échanges profitables aux deux peuples qui partagent, pour de nombreuses familles des liens de sang. L’Algérie qui a toujours gardé sa main tendue vers la France pour des relations d’égal à égal et surtout dans le respect mutuel, a fait de la défense de sa souveraineté, de son indépendance un principe non négociable. La France qu’elle soit de droite ou de gauche devrait comprendre cette position, car dans un monde qui connait de profondes mutations, le peuple algérien a juré de rester fidèle aux sacrifices des chouhada quels que soient les défis à relever Slimane B.












































