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L’ALGERIE PRODUIT 34 MILLIONS DE TONNES DE DÉCHETS/AN : Un gisement sous-exploité qui pèse 4 0 milliards de DA/an

La ministre de l’Environnement et des Énergies renouvelables, Fatima Zohra Zerouati, qui a procédé hier à l’ouverture de la 2e rencontre régionale des assises sur l’économie circulaire, vise à adopter une stratégie de développement durable à travers des politiques orientées vers l’amélioration de la qualité de vie de la population et cela en réfléchissant sur la promotion des fondements de l’économie circulaire avec l’implication de tous les acteurs de la société.

«La mise en place d’une stratégie nationale de gestion intégrée des déchets, à l’horizon 2035, a permis d’avoir une vision économique et d’évaluer ce stock de déchets nationaux », soutiendra-t-elle en ajoutant que les études réalisées ont permis l’évaluation de 34 millions de tonnes de déchets dont 13 millions de déchets ménagers et similaires. Cette quantité importante de déchets, représente une valeur commerciale de plus de 40 milliards de dinars par an qui peuvent générer plus de 100 000 postes d’emploi, dont 40 000 postes directs.
Les études avancées prévoient plus de 70 000 tonnes de déchets en 2035 alors que le recyclage des déchets en Algérie reste très faible, ce qui nous oblige à réfléchir sur le mode de gestion pouvant déclencher une économie verte qui constitue un facteur important de développement durable avec l’exploitation, au mieux, de nos richesses naturelles et les quantités importantes de déchets générés qui restent faibles en matière de recyclage afin de créer de la matière première indispensable à un développement économique diversifié dont a grandement besoin notre pays, dira la ministre pour justifier la mise en place de ces assises où tous les acteurs de la société y sont impliqués pour réfléchir , débattre et faire des propositions susceptibles d’établir une feuille de route qui mettra les bases de l’économie circulaire en Algérie.

Le développement passe par une gestion intégrée des déchets
Ce nouveau modèle économique est adopté par un grand nombre de pays dans le monde, lequel est basé sur la rationalité des déchets en général, l’économie circulaire et verte. Dans cette optique, la gestion intégrée des déchets constitue un socle pour réaliser un développement économique durable. En dépit des avancées réalisées dans le domaine de l’environnement, beaucoup reste à faire, sachant que l’État a déboursé plus de 67 milliards de dinars pour l’investissement dont 53% du montant ont été orientés vers la réalisation des structures relatives à la protection de l’environnement à l’exemple des CET à travers toutes les willayas du pays. Dans ce cadre, il est prévu l’éradication totale des décharges sauvages en l’an 2024. La ministre expliquera que la stratégie vise à protéger l’environnement et la lutte contre le changement climatique et surtout à se mettre au diapason des évolutions à travers le monde accrédité d’un développement économique durable ayant généré des richesses et des emplois en précisant que les 2èmes assises régionales , après celles de Blida consacrées à l’économie circulaire, ont abouti à la formulation de pas moins de 105 propositions effectuées par 425 participants venus de divers horizons ; notamment des spécialistes, des économistes, des chercheurs ainsi que des acteurs de la société civile, de l’administration et du secteur de l’environnement. Quelques 12 wilayas du Centre-est du pays participent à cette rencontre régionale organisée au niveau de la faculté de droit de Boudouaou.
D’autres rencontres similaires suivront, avant les assises nationales prévues en février prochain, indiquera la ministre, en invitant les participants à étudier les différents axes ayant trait à l’économie circulaire. Dans ce cadre, les participants auront à débattre, durant 02 jours, des mécanismes de réussite et des opportunités d’investissements à travers les 9 ateliers. Dans un point de presse organisé en marge de l’ouverture, la ministre a rappelé les objectifs de la 2ème rencontre régionale des assises sur l’économie circulaire en expliquant la stratégie nationale qui valorise ce nouveau modèle économique qui constitue un facteur de développement durable porteur de bien-être à la population. À cet effet, la ministre a souligné la nécessité de mobiliser et d’impliquer tous les acteurs pour aboutir à l’objectif de la mise en place de l’économie circulaire.
Questionnée sur le retard accusé pour la mise en place de ce modèle économique, la ministre répondra que cela ne constitue pas un handicap au vu des évolutions technologiques réalisées dans le domaine du traitement et du recyclage des déchets et que cela peut être rattrapé facilement. Dans cette optique, l’économie circulaire, qui sera une référence de l’économie nationale, doit obéir à certains critères, à savoir : une meilleure production, une meilleure consommation, une meilleure gestion des déchets et la qualité de l’environnement dont le citoyen constitue un élément essentiel dans la concrétisation de l’objectif de la croissance économique et l’amélioration du cadre de vie.
B. Khider