La résistance palestinienne a affirmé que toute discussion politique ou arrangement concernant la bande de Ghaza doit impérativement commencer par « un arrêt complet de l’agression israélienne » et la levée du blocus, au lendemain de la première réunion du « Conseil de la paix » formé par le président américain Donald Trump à Washington. Dans un communiqué publié sur son site officiel, la résistance palestinienne a estimé que cette réunion s’est tenue alors que se poursuivent « les crimes de l’occupation et ses violations répétées de l’accord de cessez-le-feu ». Le mouvement considère que cette situation place la communauté internationale et les participants au Conseil face à une responsabilité directe pour contraindre l’entité sioniste à cesser ses opérations militaires. La résistance palestinienne a également exigé l’ouverture complète des points de passage, l’entrée sans restriction de l’aide humanitaire et le lancement immédiat du processus de reconstruction des infrastructures détruites, soulignant que les besoins humanitaires « ne supportent ni retard ni report ». Le mouvement a appelé les parties internationales et les médiateurs à assumer pleinement leurs responsabilités afin de garantir l’application des engagements conclus, d’empêcher toute tentative de blocage des mesures humanitaires et politiques, et de consolider un cessez-le-feu durable. En conclusion, la résistance palestinienne a insisté sur le fait que tout effort international visant à stabiliser Ghaza doit s’attaquer « aux causes profondes du conflit, à savoir l’occupation », et aboutir à la fin des politiques agressives, tout en permettant au peuple palestinien d’obtenir l’ensemble de ses droits légitimes, notamment la liberté et l’autodétermination.
DEUX MORTS ET QUATRE BLESSÉS EN 24 HEURES
Sur le terrain, l’armée d’occupation israélienne a poursuivi ses violations du cessez-le-feu en vigueur depuis 133 jours dans la bande de Ghaza. Ces violations ont causé, au cours des dernières 24 heures, la mort de deux Palestiniens et fait quatre blessés. Selon les informations disponibles, des bâtiments résidentiels ont été détruits à l’est du camp de réfugiés d’Al-Bureïj, dans le centre du territoire, tandis qu’un civil a été blessé par des tirs à l’est du même camp. Des avions israéliens ont également mené deux frappes à l’aube vendredi à l’est de la ville de Ghaza, alors que les forces terrestres ont ouvert le feu de manière intensive à l’est de Khan Younès, au sud de l’enclave. Des vedettes militaires ont par ailleurs tiré en mer au large de cette même ville. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 11 octobre 2025, le nombre total de victimes s’élève à 611 morts et 1 630 blessés, auxquels s’ajoutent 726 corps extraits des décombres. Depuis le début de l’offensive le 7 octobre 2023, le bilan humain atteint désormais 72 069 morts et 171 728 blessés, en majorité des femmes et des enfants, selon les autorités sanitaires palestiniennes. Celles-ci précisent qu’un nombre indéterminé de victimes restent ensevelies sous les décombres, les équipes de secours ne parvenant pas à y accéder.
UNE INFESTATION DE PUCES AGGRAVE LA CRISE SANITAIRE DANS LES CAMPS DE DÉPLACÉS À KHAN YOUNÈS
Des milliers de déplacés vivant dans les camps de Mawasi à Khan Younès, dans le sud de la bande de Ghaza, font face à une nouvelle crise sanitaire : la prolifération massive de puces dans les tentes. L’absence de campagnes de lutte contre les insectes et la détérioration des conditions de vie aggravent les risques pour la santé, en particulier pour les enfants et les personnes âgées. La jeune déplacée Dhahaa Al-Sarsawi, 25 ans, originaire de Ghaza, témoigne : « J’essaie de dormir, mais les démangeaisons dues aux piqûres de puces ne s’arrêtent pas. Nous n’avons aucun insecticide ni moyen de protection pour les éliminer». Elle ajoute que son enfant de deux ans ne cesse de pleurer toute la nuit à cause des piqûres, et que les médicaments qu’elle a essayés se sont révélés inefficaces face à l’infestation généralisée. « Si aucune campagne de désinfection n’est mise en place, nous serons contraints de quitter le camp pour trouver un endroit plus sûr », avertit-elle. Pour sa part, Saïd Hamad, 60 ans, originaire de Rafah et résidant à Mawasi, décrit la situation comme « insupportable » : « Les enfants ne peuvent pas dormir à cause des piqûres. Ma fille souffre de boutons et d’éruptions cutanées sur tout le corps». Il explique que les puces restent cachées dans le sable et les couvertures le jour, mais deviennent très actives la nuit, provoquant des démangeaisons intenses pour tous les résidents. Mahmoud Al-Aqqad, 42 ans, raconte, quant à lui, qu’il se réveille au milieu de la nuit avec ses vêtements tachés de sang à cause des piqûres. « Ces insectes sont petits, rapides et sautent partout. Ils se cachent dans le sable sur lequel les tentes sont posées, ce qui rend leur traque très difficile », explique-t-il. Malgré l’utilisation d’un insecticide agricole acheté avant le Ramadhan et de plusieurs pulvérisations dans la tente et le sable, les puces réapparaissent au bout de quelques jours. La plupart des déplacés ne peuvent pas se permettre ces produits en raison de leur coût élevé. Samir Al-Astal, 47 ans, espère le retrait de l’armée sioniste de Khan Younès afin de pouvoir retourner chez lui, loin des puces. Il raconte avoir été la cible de tirs et de drones armés lorsqu’il a tenté de rejoindre une zone considérée sûre par l’occupation, soulignant la dangérosité de la situation pour les civils. Les résidents appellent les organisations humanitaires à intervenir d’urgence : mettre en place des campagnes de désinfection dans tous les camps et distribuer des insecticides sûrs pour les familles. Les piqûres répétées ont déjà provoqué des maladies de peau, des allergies et des infections, exacerbant la souffrance des enfants et des personnes âgées dans des conditions humanitaires déjà difficiles.
M.Seghilani












































