La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a déclaré jeudi que son gouvernement n’avait pas peur de s’engager dans des échanges diplomatiques avec les Etats-Unis, suite à une attaque militaire américaine contre le pays sud-américain et la capture par force du président Nicolas Maduro et de son épouse.
« N’ayons pas peur de la diplomatie », a déclaré Mme Rodriguez lors de la présentation du discours annuel sur l’état de la nation. Tout en soulignant les « antécédents historiques » d’intervention de Washington en Amérique latine, elle a affirmé que « nous n’avons pas peur de l’affronter diplomatiquement par le biais du dialogue politique, comme il se doit ». Le gouvernement vénézuélien est en train d’élaborer « une nouvelle politique », a-t-elle fait savoir, appelant les corps diplomatiques accrédités au Venezuela à transmettre la réalité de la situation à leurs gouvernements. Mme Rodriguez a également appelé à l’unité nationale pour défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale. « Je vous invite, en tant que Vénézuéliens, à préserver la paix au Venezuela, à préserver la tranquillité de la patrie, et à le faire avec une dignité absolue et un sens de la responsabilité historique », a-t-elle demandé. Mme Rodriguez a ajouté que si elle devait se rendre aux Etats-Unis en tant que présidente par intérim, elle le ferait « la tête haute, en marchant, et non en rampant ».
Premier échange téléphonique avec Trump
La présidente par intérim Delcy Rodriguez et le président américain Donald Trump ont, tous les deux, annoncé mercredi avoir eu une « longue conversation » – la première rendue publique depuis la capture de Nicolas Maduro le 3 janvier -, le début d’une « nouvelle ère » selon Mme Rodriguez. Le président américain, qui a annoncé à plusieurs reprises qu’il allait gérer le pétrole vénézuélien, a assuré que les Etats-Unis « travaillaient très bien » avec la nouvelle dirigeante – ancienne vice-présidente de M. Maduro -, qu’il a qualifiée de « personne formidable ». « Nous faisons des progrès considérables en contribuant à la stabilisation et au redressement du Venezuela. De nombreux sujets ont été abordés, notamment le pétrole, les minerais, le commerce et, bien sûr, la sécurité nationale. Ce partenariat entre les Etats-Unis d’Amérique et le Venezuela sera spectaculaire pour tous. Le Venezuela sera bientôt à nouveau grand et prospère, peut-être plus que jamais auparavant ! », s’est emballé M. Trump. De son côté Mme Rodriguez a parlé d’un appel « long, productif et courtois », quelques minutes après que le président américain l’eut rendu public. « Nous avons abordé un agenda de travail bilatéral au bénéfice de nos peuples, ainsi que des questions en suspens dans la relation entre nos gouvernements », a-t-elle indiqué.
R. I./Agences













































