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La loi sur les partis et le jour d’après…

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Les députés votent aujourd’hui. Les élus votent la « mise à jour » de la loi sur les partis politiques de 2012. Comme la chambre basse est constituée exclusivement de représentants de partis politiques- exception faite des « indépendants » – il s’agit du nouveau cadre juridique des « ports d’attaches » des élus de la nation. Parmi les amendements figurent la limitation à deux mandats (chacun de cinq ans) des leaders, la transparence financière en général et l’interdiction du financement étranger en particulier. Il faut y ajouter la non-participation à deux élections successives qui entraîne la dissolution du parti et le nomadisme des élus à la déchéance de leur mandat. Sans oublier l’inéligibilité en cas de condamnation pour des faits liés à la corruption ou des faits contraires à la morale. Et enfin, l’instauration des quotas obligatoires en faveur des jeunes et des femmes. Il est indéniable que cette réforme comporte des garde-fous pour une saine activité partisane mais aussi pour la vie politique dans le pays dans son ensemble. Car, tout bien considéré, la crédibilité et la confiance accordées par les électeurs aux formations politiques résultent en grande partie de l’encadrement juridique. Ne pas réagir au nomadisme politique ou ne pas participer aux élections par deux fois consécutives, entraîne une réaction négative de l’électeur. Et c’est justement, là que se situe le grand travail qui attend les formations politiques après le vote d’aujourd’hui. Comment redorer l’image des partis et reconquérir les électeurs ? C’est la principale mission à inscrire sur la feuille de route des partis politiques. Actuellement, sur simple constat et sans parti pris, la perception de nos compatriotes sur les partis politiques est dégradée. Voilà plus de trente années qu’a eu lieu l’ouverture politique dans notre pays, plus de trente années d’exercice partisan et toujours cette difficulté de convaincre. Les travers qui ont émaillé cette longue période ne doivent pas être occultés. De l’argent sale lié à l’organisation électorale qui consiste à vendre les premières places d’une liste, jusqu’à l’achat des voix des électeurs, ont fait subir de grands dommages à la représentativité des partis politiques. C’était hier. C’était avant les amendements soumis au vote d’aujourd’hui qui offre aux partis politiques une occasion unique de renaissance. Celle de se mettre réellement au service du citoyen pour satisfaire ses attentes. Ensuite, se présentera une autre occasion : celle du dialogue promis par le chef de l’État sur le projet de société. Celle-ci consolidera le rapprochement de la classe politique avec les électeurs. Une nouvelle situation où des permanences seront ouvertes pour servir de lieux accueillants pour les citoyens en quête de réconfort. L’action partisane, ainsi comprise, fera renaître l’espoir d’une vie politique pluraliste dans le pays. Ce n’est pas seulement l’avenir des formations politiques qui est en jeu mais aussi et surtout celui de la démocratie et du développement humain en Algérie !
Zouhir Mebarki

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