La guerre des chiffes sino-américaine en temps de corona

Par Ali El Hadj Tahar

Avec 243 000 personnes contaminées et 7400 morts depuis le début de la pandémie, les États-Unis essaient de trouver une parade politique, en temps de guerre froide comme en temps prétendu de paix.
L’humanité entière observe l’avancée de la pandémie dans un monde dit libre qui semble désarmé face à un virus qui aurait pu être bloqué par simple confinement, si la politique n’avait pas pour moteur le seul intérêt économique. Au point que même entre alliés, on ne se fait pas de cadeau en temps de Covid-19. Les Turcs et les Français sanctionnent les Italiens en les privant de masques, puis les Étatsuniens raflent une cargaison de masques destinée à Rome, pourtant meurtrie… Entre pays à idéologie opposée, les coups sont beaucoup plus durs et ils ne portent pas sur les chiffons mais sur les chiffres. Alors que l’Occident ricanait presque quand la Chine était la première confrontée au nouveau coronavirus, le voilà qui pleure, nous rappelant le poète Guillaume Apollinaire qui ironisait dans un journal que le roi d’Espagne, Alphonse XIII, fut atteint de grippe espagnole avant d’être atteint à son tour et d’en mourir (1918) alors que le monarque avait survécu.
Parallèlement à la guerre des masques entre pays occidentaux, la guerre des chiffres fait rage entre les États-Unis et la Chine, alors que les premiers sont au cœur du cyclone du Covid-19 et dont les projections officielles, soit celles de la Maison Blanche, donnent une hécatombe variant entre 100 000 et 240 000 morts. Un chiffre énorme, comparé aux 3 318 morts enregistrés jusqu’ici en Chine continentale. Pékin a employé des moyens que Washington n’a pas, en plus d’une discipline qui fait défaut, probablement encouragée par Trump et son ami Bolsonaro qui ont sous-estimé l’épidémie, et même par la Hollande qui n’a pas encore confiné son peuple et la Suisse qui vient à peine de le faire bien qu’elle soit le neuvième pays frappé par la pandémie.
Prise au dépourvu par le nouveau virus, la Chine à eu recours au plus vieux réflexe de l’humanité, le confinement et ce, dès le 25 janvier. En outre, des moyens sanitaires, informatiques, technologiques et sécuritaires immenses couplés à une discipline de fer et un civisme proprement extrême-oriental ont eu raison du virus. La pagaille qui règne aux États-Unis avec un navire nucléaire qui appelle vainement au secours avec à bord 90 marins infectés, des milliers de personnes debout pendant des heures dans une file d’attente pour se faire tester, des magasins pillés, n’a régné nulle part ailleurs. L’humanité entière est en train de se rendre compte que le système de santé occidental est carrément bancal, sacrifié sur l’autel d’une victoire prématurée de la mondialisation et du Nouvel Ordre Mondial que les Rumsfeld et autres néoconservateurs et sionistes de l’État profond étatsunien veulent imposer au monde.
Alors que les compteurs macabres s’affolent, la Maison Blanche ne peut pas tricher sur le nombre de morts. Pour minimiser l’hécatombe, elle tente de gonfler les chiffres en Chine en accusant Pékin d’avoir largement sous-évalués les siens. C’est ce que dit le rapport du renseignement américain relayé par plusieurs parlementaires, or la Chine a prouvé sa suprématie dans cette guerre où chaque citoyen du monde est non seulement concerné mais également juge, à son échelle. Et en temps de guerre, quelle que soit sa forme, classique, antiterroriste ou même antivirale — comme c’est le cas aujourd’hui —, la propagande est fondamentale. La Chine était en train de rattraper à pas de géants les États-Unis pour leur prendre leur place en tant que première puissance économique mondiale. La récession en cours va peut-être botter les USA en seconde position, si tant est qu’ils puissent se relever facilement, d’autant qu’on sait que le tsunami de 2004 a recalé le Japon qui ne s’est plus relevé depuis.
A. E. T.