Les autorités iraniennes ont annoncé hier la mort de 27 civils et de nombreux blessés à la suite de frappes attribuées aux États-Unis et à l’entité sioniste, visant plusieurs régions du pays. Selon les mêmes sources, les systèmes de défense aérienne iraniens ont été activés pour intercepter des cibles hostiles aux abords de la capitale, Téhéran.
Dans la province de l’Azerbaïdjan oriental, un responsable sécuritaire a fait état de la mort de sept civils et de plusieurs blessés après une attaque ayant visé des logements de travailleurs du secteur ferroviaire à l’aube. À Chiraz, dans le sud du pays, vingt civils ont été tués et des dizaines d’autres blessés lors d’un bombardement ayant touché la zone de Ziba Shahr. Dans la province d’Alborz, à l’ouest de Téhéran, dix-huit civils ont également été blessés dans des frappes similaires, selon un autre responsable local. Le président du Croissant-Rouge iranien, Pir Hossein Kolivand, a par ailleurs indiqué que 66 enfants de moins de cinq ans figurent parmi les victimes depuis le début du conflit, illustrant une hausse préoccupante du nombre de victimes civiles, en particulier chez les plus jeunes. En parallèle, des médias iraniens ont rapporté que les défenses aériennes ont intercepté plusieurs cibles hostiles à l’est et au sud-est de Téhéran. Les frappes auraient également visé une zone résidentielle à l’ouest de la capitale. Des équipes de secours sont actuellement mobilisées pour déblayer les décombres et porter assistance aux survivants. Selon le ministère iranien de l’Éducation, le nombre d’élèves et d’enseignants tués depuis le début de l’offensive s’élève désormais à 243. Plus de 600 établissements éducatifs et culturels auraient été détruits. Au début du conflit, fin février, une école de la ville de Minab, dans la province de Hormozgan, avait été touchée par une frappe, causant la mort de plus de 168 personnes, dont plus de 100 enfants. Les infrastructures de santé n’ont pas été épargnées. D’après le Croissant-Rouge iranien, 292 centres médicaux et humanitaires ont été endommagés, entraînant la mort de 22 membres du personnel soignant et faisant 113 blessés. Le Croissant-Rouge iranien a également fait état de destructions à grande échelle : plus de 82 000 sites civils auraient été endommagés depuis le début des frappes. Parmi eux figurent plus de 62 000 habitations et près de 19 200 commerces. Le bilan inclut également des dommages à 281 structures de santé, 498 écoles et 17 centres du Croissant-Rouge, illustrant l’ampleur des destructions sur les infrastructures civiles du pays. Face à ces frappes, les forces armées iraniennes affirment riposter en visant des bases et intérêts américains dans la région, ainsi que des installations militaires et stratégiques situées dans les territoires palestiniens occupés. Le conflit, qui s’intensifie depuis la fin du mois de février, suscite de vives inquiétudes quant à une aggravation de la situation humanitaire et à une possible extension régionale des hostilités.
Frappes iraniennes, incendie en territoires palestiniens occupés et multiplication des fronts
La République islamique d’Iran poursuit ses opérations de riposte face à ce qu’elle qualifie d’agression continue contre son territoire, en intensifiant ses frappes contre des bases et intérêts américains dans la région ainsi que contre Israël, dans le cadre de l’opération baptisée « Elwaad Elsadiq 4 ». Une salve de missiles iraniens a visé hier plusieurs zones du nord d’Israël, notamment la région de Hadera. Selon des médias locaux, une frappe survenue à proximité d’une centrale électrique a provoqué un incendie, sans que l’installation principale d’Orot Rabin — la plus importante du pays — ne soit directement touchée. Le missile serait tombé à quelques kilomètres du site, entraînant néanmoins des coupures de courant dans plusieurs secteurs. Des sirènes d’alerte ont retenti dans plusieurs villes du centre, notamment à Tel-Aviv, Hadera et Césarée, tandis que les autorités israéliennes faisaient état d’explosions violentes et de panaches de fumée noire, en particulier dans la région de Hadera. Selon des sources médiatiques israéliennes, les forces armées iraniennes ont lancé une nouvelle vague de missiles ayant frappé pas moins de 30 sites, dont six dans la région de Tel-Aviv. Des projectiles à fragmentation auraient été utilisés lors de ces frappes, amplifiant les dégâts sur le terrain. D’autres impacts ont été signalés dans plusieurs zones, notamment à Binyamina, au sud de Haïfa, ainsi qu’à Modiin, à l’ouest de Jérusalem. Parallèlement, une tentative d’atterrissage d’un avion en provenance de Larnaca a été interrompue, l’appareil ayant dû rebrousser chemin en raison de la situation sécuritaire. Cette intensification des frappes intervient alors que l’Iran affirme mener une riposte légitime face aux attaques américano-israéliennes, ciblant simultanément des positions israéliennes dans les territoires palestiniens occupés et des bases militaires américaines dans la région. Du côté libanais, les opérations de la résistance islamique se poursuivent également, en réponse à la reprise des offensives israéliennes depuis le 2 mars, après une longue période de violations du cessez-le-feu. Les Gardiens de la Révolution ont annoncé le lancement de la 80e vague de l’opération « Elwaad Elsadiq 4 », affirmant avoir détruit des cibles stratégiques dans le nord des territoires occupés ainsi que des bases américaines. Ils évoquent l’usage de missiles de moyenne et longue portée, à carburant solide et liquide, ainsi que de drones suicides, assurant avoir atteint leurs objectifs avec précision. Par ailleurs, l’armée iranienne a déclaré avoir ciblé un centre de commandement et de soutien des forces américaines à l’aéroport d’Erbil, considéré comme un site stratégique majeur dans la région. Dans un autre développement, Téhéran affirme avoir visé le porte-avions américain « Abraham Lincoln » à l’aide de missiles de croisière côtiers, avertissant que toute présence de ce navire à portée de ses systèmes de défense ferait l’objet de frappes « écrasantes ». Du côté israélien, des voix médiatiques reconnaissent des difficultés croissantes des systèmes de défense aérienne à intercepter les missiles iraniens et les drones en provenance du Liban. Des interrogations émergent également quant à l’état des stocks militaires et à la capacité à atteindre les objectifs fixés. Selon le ministère israélien de la Santé, environ 4 462 blessés ont été admis dans les hôpitaux depuis le début de l’escalade militaire. Enfin, certains médias israéliens estiment que le Hezbollah demeure une force active et organisée, capable de frapper en profondeur le territoire israélien, tandis que l’Iran pourrait sortir renforcé de cette confrontation. Dans ce contexte de tensions accrues et d’élargissement du conflit, la région semble s’enfoncer dans une dynamique d’escalade aux conséquences potentiellement majeures.
« Les États-Unis négocient avec eux-mêmes »
Dans un contexte de fortes tensions entre l’Iran, les États-Unis et l’entité sioniste, les autorités iraniennes multiplient les déclarations fermes, rejetant toute possibilité de négociation et affirmant leur détermination à poursuivre la confrontation. Le porte-parole du quartier général central Khatam al-Anbiya, Ebrahim Zolfaghari, a déclaré que « la puissance stratégique dont parlent les ennemis s’est transformée en défaite stratégique ». Dans une allocution vidéo, il s’est adressé implicitement aux États-Unis, affirmant « Ne donnez pas le nom d’accord à votre défaite… Le temps de vos promesses est révolu, et vos divisions internes vous ont conduits à négocier avec vous-mêmes. » Il a également averti que la stabilité de la région dépendait des forces armées iraniennes, ajoutant que les adversaires de Téhéran ne retrouveraient ni leur influence ni les niveaux antérieurs des prix de l’énergie tant qu’ils n’auront pas reconnu cette réalité. Zolfaghari a insisté sur l’absence totale de volonté de compromis « Nous ne conclurons aucun accord avec des acteurs comme vous, ni maintenant ni à l’avenir. » Il a précisé que tout retour à une situation normale dépendrait uniquement de la volonté iranienne, une fois que toute idée d’agression contre le peuple iranien aurait disparu. Par ailleurs, le quartier général Khatam al-Anbiya a appelé les peuples arabes et musulmans à s’éloigner de leur dépendance vis-à-vis des États-Unis et d’Israël, plaidant pour la création d’une alliance sécuritaire régionale fondée sur l’unité islamique. De son côté, le commandant du même quartier général, le général Ali Abdollahi, a affirmé que le président américain Donald Trump cherchait une issue au conflit après avoir « échoué à atteindre ses objectifs » et s’être « enlisé dans la guerre ». Malgré cela, Donald Trump continue d’évoquer de possibles négociations avec Téhéran, affirmant que l’Iran souhaiterait parvenir à un accord — une affirmation catégoriquement démentie par les autorités iraniennes.
M.Seghilani
















































