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INDÉPENDANCE DU PEUPLE SAHRAOUI : Appel à mettre fin à un demi-siècle d’attente

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Devant la Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies, plusieurs intervenants algériens ont réaffirmé le caractère inaliénable du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.
Ils ont appelé à l’achèvement du processus de décolonisation, au respect du droit international et à la protection des ressources naturelles du territoire, dénonçant les tentatives d’imposer le fait accompli. Le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance ne saurait être indéfiniment reporté ni soumis aux rapports de force. C’est le message porté par plusieurs pétitionnaires algériens devant la Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies, chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation. À travers leurs interventions, ils ont appelé à la concrétisation des droits du peuple sahraoui et à l’achèvement d’un processus de décolonisation qui demeure inabouti. Prenant la parole devant les membres de la Commission, le Dr Adel Ghebouli, chirurgien, membre du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS) et secrétaire général de cette organisation, a dénoncé les décennies d’attente imposées à plusieurs générations de Sahraouis, toujours privées de la possibilité de décider librement de leur avenir. « Les droits ne vieillissent pas avec le temps et la justice ne doit pas attendre que le rapport de forces lui soit favorable », a-t-il affirmé, appelant l’Organisation des Nations unies à assumer pleinement ses responsabilités dans la résolution de la question sahraouie. Dans une intervention à forte dimension humaine, le pétitionnaire algérien a évoqué le sort des enfants sahraouis nés dans les camps de réfugiés en Algérie. Ces derniers grandissent en apprenant de leurs parents et grands-parents les noms de villes et de lieux qu’ils n’ont jamais pu découvrir, tandis que se transmettent, de génération en génération, la mémoire d’une terre et l’espoir d’y retourner un jour. Pour le Dr Ghebouli, cette attente ne relève pas uniquement d’une impasse politique ou diplomatique. Elle se traduit par des familles séparées depuis des décennies, des réfugiés contraints de prolonger leur séjour dans les camps et des jeunes privés de la possibilité de construire leur avenir sur leur propre terre. « Combien de résolutions supplémentaires nous faudra-t-il pour que la volonté du peuple du Sahara occidental soit respectée ? Combien de générations devront encore attendre avant de pouvoir exercer leur droit à la liberté et à l’indépendance ? », s’est-il interrogé. Malgré la durée de la question sahraouie, il a souligné que le peuple sahraoui avait préservé son identité et poursuivi ses revendications dans les instances internationales. Il a également insisté sur la nécessité de protéger ses droits et ses libertés fondamentales, notamment ses droits sur les ressources naturelles du territoire. S’adressant aux membres de la Commission, le Dr Ghebouli a mis en garde contre le risque de voir une situation provisoire se transformer en une réalité durable, au détriment des droits d’un peuple. Il a rappelé que toute solution juste et durable devait reposer sur la volonté des Sahraouis eux-mêmes, sans qu’aucun acteur ne puisse décider à leur place de leur avenir. « Écoutez le peuple du Sahara occidental », a-t-il lancé, invitant les représentants des États membres à mesurer leur responsabilité devant l’Histoire.

L’autodétermination ne saurait être vidée de son sens
De son côté, la députée algérienne Fatma Bensafi a rappelé que la question du Sahara occidental relevait fondamentalement de la décolonisation et que son règlement devait garantir au peuple sahraoui le droit de disposer de lui-même. Elle a rejeté toute tentative de réduire ce dossier à un différend frontalier ou de substituer à l’expression libre de la volonté populaire une politique du fait accompli. Dans son intervention intitulée « Aucune place à l’interprétation de la résolution 2797 du Conseil de sécurité », elle a insisté sur la nécessité de préserver la nature juridique et politique de la question sahraouie, conformément aux principes du droit international et aux engagements des Nations unies en matière de décolonisation. Évoquant la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025 et ayant prorogé le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), la députée a souligné l’importance de maintenir le droit à l’autodétermination au cœur du processus politique. Elle a mis en garde contre toute lecture susceptible de réduire la portée de ce principe au moment de définir les modalités des négociations. S’appuyant sur le rapport du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, daté du 1er octobre 2026, Fatma Bensafi a également insisté sur le rôle de la MINURSO, dont la présence demeure, selon elle, indispensable au maintien de la stabilité et à la prévention d’une escalade dans la région. Elle a, en outre, souligné que toute proposition relative à l’avenir du territoire, y compris le plan d’autonomie, devait être soumise à la volonté du peuple sahraoui, seul habilité à se prononcer librement sur son devenir. Elle a rappelé, dans ce contexte, la place du Front Polisario en tant que représentant du peuple sahraoui dans le processus de règlement de la question. Pour la députée algérienne, l’autodétermination ne saurait se limiter à une formule consacrée dans les textes internationaux, sans traduction concrète dans le processus politique. Son exercice effectif demeure, a-t-elle soutenu, une condition essentielle à une solution conforme au droit international.

Les manœuvres marocaines ne changent rien à la nature juridique du dossier
Intervenant à son tour devant la Quatrième Commission, le chercheur en affaires africaines et journaliste solidaire de la cause sahraouie Ali Kafssi a affirmé que « la question du Sahara occidental demeure une question de décolonisation inachevée ». Il a estimé que les tentatives d’imposer le fait accompli ne pouvaient porter atteinte au droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination. L’intervenant a notamment contesté les revendications marocaines de souveraineté historique sur le territoire, en se référant à l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice (CIJ) en 1975. Selon lui, les conclusions de la Cour n’ont pas établi de liens de souveraineté territoriale entre le Sahara occidental et le Royaume du Maroc. Il a ainsi estimé que les tentatives d’imposer une identité marocaine au territoire ne constituaient pas une preuve de souveraineté, mais traduisaient la volonté de consolider une situation contestée sur les plans juridique et politique. Ali Kafssi a également critiqué la politique du fait accompli qu’il attribue à l’occupant marocain, évoquant notamment l’ouverture de consulats et la construction de murs de sable minés. Ces mesures, a-t-il soutenu, ne sauraient modifier le statut juridique du Sahara occidental ni mettre fin à son inscription dans le processus de décolonisation. Sur le plan politique, le chercheur a rejeté la présentation du plan d’autonomie comme une solution exclusive, estimant qu’une telle approche risquait de contourner le droit du peuple sahraoui à choisir librement et démocratiquement son avenir. Il a renouvelé son appel à l’organisation d’un référendum sous l’égide des Nations unies, permettant aux Sahraouis d’exercer leur droit à l’autodétermination. L’intervenant a, par ailleurs, dénoncé le recours au développement économique dans les territoires sahraouis occupés pour justifier le maintien du contrôle marocain. Il a critiqué l’exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental par l’occupant marocain, qu’il considère comme illégale au regard du droit international et du droit international humanitaire. Pour Ali Kafssi, la résilience du peuple sahraoui et son attachement à ses droits continueront de maintenir la question au centre des débats internationaux jusqu’à l’émergence d’une solution garantissant l’exercice effectif de l’autodétermination.

Solidarité algérienne et responsabilité onusienne
Les autres interventions ont convergé vers un même impératif : garantir au peuple sahraoui la possibilité d’exprimer librement et démocratiquement sa volonté, dans le respect des principes de décolonisation et du droit international. Le président de l’Académie de la jeunesse algérienne et membre du CNASPS, Samir Bouaziz, a qualifié le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance de droit « inhérent, inaliénable et imprescriptible ». Selon lui, ce droit ne saurait être confisqué, différé ou remplacé par des arrangements imposés ou par une politique du fait accompli. Il a plaidé pour que le peuple sahraoui puisse déterminer librement son avenir, conformément aux principes démocratiques et aux normes internationales, soulignant qu’aucune solution ne pouvait être considérée comme juste si elle ne reposait pas sur l’expression de sa volonté. Pour sa part, Tarek Djeklafi, conseiller à l’Académie de la jeunesse algérienne, a défendu le processus de règlement politique sous l’égide des Nations unies. Il a présenté cette voie comme un cadre essentiel pour parvenir à une solution juste, tout en préservant la stabilité régionale en Afrique du Nord. Yefri Benzerga, membre du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui, a, quant à lui, attiré l’attention sur la longue attente imposée au peuple sahraoui et sur l’exploitation des ressources naturelles des territoires sahraouis occupés. Il a dénoncé les opérations de pillage qu’il impute à l’occupant marocain, rappelant que l’exploitation de ces ressources ne pouvait faire abstraction des droits et des intérêts du peuple sahraoui. Ces interventions ont ainsi mis en évidence les dimensions politique, humaine et économique de la question sahraouie. Les pétitionnaires ont souligné que la recherche d’une solution politique ne pouvait se faire au détriment du droit à l’autodétermination, pas plus qu’elle ne pouvait ignorer les conséquences de l’attente prolongée sur les populations sahraouies. Ils ont appelé à une application effective des principes de décolonisation, à la protection des droits fondamentaux du peuple sahraoui et au respect de ses droits sur les ressources naturelles du territoire. Les auditions ont également été marquées par des tensions. Selon les éléments rapportés lors de la séance, des membres de la délégation marocaine ont interrompu à plusieurs reprises les interventions de pétitionnaires défendant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance. Ces interruptions auraient suscité des protestations parmi les délégations présentes et perturbé le déroulement des auditions. Au-delà de ces incidents, les prises de parole devant la Quatrième Commission ont remis au centre des débats la responsabilité des Nations unies dans l’achèvement du processus de décolonisation au Sahara occidental. Pour les pétitionnaires algériens, l’enjeu dépasse les déclarations de principe : il s’agit de garantir que les résolutions internationales se traduisent en actes et que le droit d’un peuple à choisir son avenir ne demeure pas sans effet. Le message porté par les intervenants est ainsi resté constant : le temps écoulé ne saurait effacer les droits du peuple sahraoui, pas plus que les rapports de force ne peuvent justifier le report indéfini de leur mise en œuvre. Tant que les Sahraouis ne pourront pas exercer pleinement leur droit à l’autodétermination et à l’indépendance, la responsabilité de la communauté internationale restera entière.
M. Seghilani

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