Incapable Conseil de sécurité
L’Algérie, qui trônera –de septembre 2024 à septembre 2025- sur la 79e session de l’Assemblée générale des Nations unies en tant que vice-présidente, est bien partie pour défendre l’agenda africain en matière de réforme du Conseil de sécurité. Changer les règles de jeu au sein d’un organe central de l’ONU incapable de contraindre, par ses résolutions, l’entité sioniste à cesser son massacre ethnique et son génocide à Ghaza, est une nécessité impérative. Mardi, le représentant permanent de l’Algérie à l’ONU a relancé, implicitement, la question lors d’une séance de travail consacrée à la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne. Amar Benjama a mis le doigt sur le mal : « Allons-nous nous contenter de compter le nombre de morts à Ghaza ? Ce n’est pas pour cela que le Conseil de sécurité a été créé », a-t-il martelé, appelant le Conseil de sécurité à se servir de ses outils juridiques « incluant les sanctions » contre l’occupation sioniste. Aujourd’hui, l’exécutif de l’ONU doit assumer ses responsabilités en faisant respecter la force du droit international, des résolutions ainsi que les arrêts et jugements de la CIJ contre une puissance d’occupation considérée comme telle. Inscrite comme priorité dans l’agenda de l’Algérie, la réforme du Conseil de sécurité a déjà fait l’objet d’un examen dans le cadre de la 11e Réunion ministérielle du Comité des dix chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine. Septembre 2023, à l’ouverture de la 78e AG de l’ONU, le ton à ce projet a été donné par le président Abdelmadjid Tebboune, devant ses pairs du monde entier. A savoir, plaide l’Algérie, œuvrer pour réparer une injustice historique à l’égard de l’Afrique qui aspire à au moins deux sièges permanents au sein du Conseil de sécurité. Parent pauvre sur l’échiquier, le continent mérite d’être représenté au sein du CS. Fort de 54 Etats membres, de bientôt 1,5 milliard d’habitants et représentant 25% des membres de l’ONU, l’Afrique mérite, tout au moins, deux sièges parmi les décideurs du monde. Dans son plaidoyer, l’Algérie a été d’un argumentaire en béton : La perte d’efficacité du Conseil dans son rôle, de premier plan, dans le maintien de la paix et de la sécurité mondiales. La preuve à cette incapacité doublée d’une incurie de l’organe central de l’ONU quant à imposer l’application de ses résolutions et autres décisions découlant de la justice internationale, le génocide sioniste contre la Palestine. N’est-il pas temps de mettre fin aux agissements criminels d’une entité hors-la-loi qui continue son épuration ethnique contre les Palestiniens ? Il est temps de rendre justice à un peuple- aux côtés de ses identiques réprimés dans leurs propres territoires-qui aspire légitimement à établir son État indépendant. L’Algérie, qui a recouvert sa souveraineté au prix fort d’un million et demi de martyrs, en connait un bon bout pour défendre les causes relevant d’une question de décolonisation et établi comme tel par le droit international.
Farid Guellil