Makri

ILS ONT MIS À PROFIT LE PROJET DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION POUR AVANCER LEURS PIONS : Les islamistes en embuscade

L’idée, farfelue mais loin d’être isolée, avancée par Mokri de « criminaliser » l’usage de la langue française, n’est que l’infime partie émergée de la gangrène islamiste dont les desseins sont de faire main basse sur la société algérienne. Sur ses Institutions aussi.

Djaballah, Benhadj Hamadache, Salhi et d’autres l’ont sans doute pensé. Mokri, lui, la fait. Le président du MSP, dans un communiqué rendu public ce mardi en fin d’après-midi, n’a rien moins revendiqué que « la criminalisation du recours à la langue française », notamment dans les documents officiels et administratifs. Sic ! À La première lecture, faite à froid, et sans avoir à l’esprit celui particulièrement retord des islamistes, on pourrait presque croire qu’il ne s’agit que d’une plaisanterie. Mais, après mûre réflexion, cette sortie s’avère être tout ce qu’il y a de plus sérieuse. Le légendaire opportunisme du MSP, qui l’a déjà amené à manger à tous les râteliers, au point d’avoir été partie prenante d’un régime qu’il œuvre à fustiger et à renier à présent, semble l’avoir tout naturellement amené à prendre des risques en s’improvisant « éclaireur » de la mouvance islamiste. Le parti du défunt Mahfoud Nahnah, en effet, ne fait rien que de la surenchère à travers une sortie de cette nature. En clair, il vise le maximum, place la barre aussi haut que possible, se montre plus irascible et intraitable que les intégristes de l’ex-FIS, pour, au finish, obtenir de notables concessions de la part de ceux qui ont charge de rendre la copie ultime de la future Constitution algérienne. Ce jeu de « poker menteur » a été rendu possible par la conjoncture très particulière que traverse le pays. À l’épidémie de coronavirus, qui ruine l’économie algérienne tout en rendant « trivial » tout débat sérieux autour de ce texte, il faut toujours garder en tête ce hirak qui a réussi à survivre contre vents et marées, qui a été forcé de faire relâche à cause de cette même épidémie, et dont tout le monde guette la réaction ou le retour une fois que les mesures sanitaires de préventions auront été levées. Le MSP, en clair, tente de devancer les évènements, lui qui n’ignore pas que l’intégrisme islamiste gangrène très profondément la société algérienne à cause, notamment, de « l’école benbouzidienne. Reste à espérer que cette grossière manœuvre sera éventée et mise en échec puisque l’Algérie d’aujourd’hui a impérativement besoin d’aller de l’avant au lieu d’avancer… vers l’arrière.
Mohamed Abdoun