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Il revient sur le rendez-vous raté du sept algérien au Rwanda : Boussebt dresse un constat sans concession après l’échec continental

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La participation décevante de la sélection algérienne de handball au dernier Championnat d’Afrique, conclue à une quatrième place loin des attentes, continue de susciter débats et interrogations. Dans ce contexte, le président de la Fédération algérienne de handball, Mourad Boussebt, a pris la parole pour livrer une analyse franche de la situation, mettant en lumière des dysfonctionnements structurels profonds qui dépassent le cadre de la seule équipe nationale.
Face aux critiques dirigées vers l’instance fédérale après cet échec, Boussebt a tenu à clarifier sa position : selon lui, la crise que traverse le handball algérien trouve son origine principalement au niveau des clubs, véritables piliers de la formation et du développement des joueurs.
Le président de la Fédération estime que les équipes locales ne sont plus en mesure de former correctement les jeunes talents, essentiellement en raison d’un manque criant de moyens financiers. Une situation qui pousse de nombreux dirigeants de clubs à assumer, seuls, une grande partie des charges, souvent à partir de leurs fonds personnels, sans soutien suffisant ni perspectives durables.

L’absence de professionnalisation, un frein majeur
Boussebt a insisté sur un point clé : l’impossibilité de rivaliser sur la scène continentale et internationale sans professionnalisation réelle. À l’horizon 2026, il juge irréaliste d’espérer des résultats probants avec un championnat fonctionnant encore selon des standards amateurs, alors que les grandes nations africaines et mondiales ont depuis longtemps basculé vers des modèles professionnels structurés. Selon lui, le fossé ne cesse de se creuser, et les performances de la sélection nationale ne sont que le reflet direct de ce retard organisationnel et économique.
L’un des indicateurs les plus révélateurs évoqués par le président de la Fédération concerne le volume horaire annuel d’entraînement.
Dans les pays avancés en handball, un joueur bénéficie d’un temps de travail compris entre 1 000 et 1 200 heures par an. En Algérie, même dans les meilleures conditions, ce volume ne dépasse pas 400 heures.
Un différentiel énorme, qui impacte directement la préparation physique, tactique et mentale des joueurs, et explique en grande partie les difficultés rencontrées face aux sélections mieux structurées.

Une problématique qui dépasse le handball
Le patron de la FAHB a également tenu à élargir le débat, soulignant que cette réalité ne concerne pas uniquement le handball. Selon lui, plusieurs disciplines collectives en Algérie sont confrontées aux mêmes obstacles, notamment le volley-ball, le basket-ball, ainsi que d’autres sports, tous pénalisés par un manque de professionnalisation, d’infrastructures adaptées et de financement stable. Ce constat global appelle, selon le même interlocuteur, à une réflexion nationale approfondie sur le modèle sportif algérien, ses priorités et ses mécanismes de développement. À travers ses déclarations, Boussebt ne cherche pas à se dédouaner, mais plutôt à poser un diagnostic structurel. Pour lui, l’avenir du handball algérien — et plus largement des sports collectifs — passe par une réforme en profondeur, impliquant l’État, les fédérations, les clubs et les partenaires économiques. Sans une politique claire en matière de professionnalisation, de financement et de formation, les contre-performances risquent de se répéter, malgré le potentiel humain existant. La quatrième place continentale apparaît ainsi moins comme un accident que comme le symptôme d’un système à bout de souffle, appelé à évoluer rapidement s’il veut retrouver sa compétitivité.
H. S.

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