« La tension sociale ne montre aucun signe d’essoufflement au Maroc », souligne l’opposant marocain Boualem Azaoum à travers la chaine 3 de la radio algérienne, il estime également que les mobilisations actuelles « tendent à s’enraciner dans le paysage et révèlent un malaise profond et durable ».
Dans ce contexte de crispation sociale, les mouvements de contestation se poursuivent et se diversifient à travers le pays. Dernier épisode en date : la mobilisation des pharmaciens à Rabat, où plusieurs centaines de professionnels ont de nouveau exprimé leur rejet de réformes qu’ils qualifient de « privatisation déguisée » du secteur. Mais cette dynamique dépasse largement le cadre corporatiste. Depuis plusieurs semaines, les protestations contre les démolitions de logements et les expulsions se multiplient, alimentant un sentiment d’injustice sociale de plus en plus visible. Des associations de défense des droits humains alertent sur une aggravation des inégalités et dénoncent une approche sécuritaire des autorités face aux revendications citoyennes. Parallèlement, la rue marocaine reste mobilisée en solidarité avec la cause palestinienne. Malgré certaines restrictions, des rassemblements continuent d’être organisés dans plusieurs villes, confirmant que cet engagement demeure un facteur important de mobilisation populaire.
Boualem Azaoum évoque une fracture de plus en plus marquée entre une partie de la population et les autorités. Selon lui, le mécontentement social s’inscrit dans la durée, nourri par des difficultés économiques persistantes et une précarité croissante, notamment chez les jeunes. Dans le même registre, le cas de Mohamed Ziane continue de susciter de vives réactions. L’ancien ministre des Droits de l’Homme, âgé de 80 ans, a été condamné en appel à plusieurs années de prison. Une décision dénoncée par ses soutiens, qui y voient un symbole du recul des libertés publiques.
Dans ce climat général, le Maroc apparaît engagé dans une phase de tensions sociales et politiques appelée à durer. Entre revendications sociales, contestations politiques et mobilisations citoyennes, la dynamique actuelle laisse entrevoir une colère qui, loin de s’apaiser, continue de s’intensifier.
M. Seghilani












































