Msila

IL A QUALIFIE ABANE RAMDANE DE «GRAND TRAITRE» : Le directeur de la culture de M’sila sous mandat de dépôt

Le directeur de la culture de la wilaya de M’sila passe au purgatoire au lendemain de son limogeage par la tutelle ministérielle. En effet, Rabah Drif, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été placé en détention provisoire en fin d’après-midi de la journée d’hier, sur instruction du juge près le tribunal de M’sila, selon un communiqué de cette instance judiciaire repris par l’APS. Il est reproché au mis en cause des propos «offensants et outrageux» à l’encontre d’une figure historique de la Révolution nationale. En effet, le 10 juin dernier, le mis en cause a pondu une publication sur son compte facebook, dans laquelle il a qualifié Abane Ramdane, l’architecte du Congrès de la Soummam, de «grand traitre» de la Révolution nationale et de «collaborateur (de la France)». Des propos injurieux qui ont choqué l’opinion publique et soulevé un tollé général. Cette publication controversée a vite atterri chez les autorités publiques qui ont instruit le limogeage de Rabah Drif sur le champ. Une mesure d’ordre moral d’abord et conservatoire ensuite pour permettre la présentation du désormais ex-directeur de la culture devant la juridiction compétente. Ainsi, détaille le communiqué du tribunal de M’sila, «en vertu de l’article 11 du code de procédures pénales et de l’enquête préliminaire ouverte par la police judiciaire, le nommé Rabah Drif a été présenté pour des faits ayant un caractère pénal ». Selon la même source, après avoir été interrogé sur les faits qui lui sont reprochés, le mis en cause a été déféré devant le juge d’instruction. Il est accusé de délits inhérents à «présentation au public de publications de nature à porter préjudice à l’intérêt national, l’intégrité et l’unité du pays». Ce qui se traduit par «un acte puni par les articles 96 et 79 du code pénal et les articles 52 et 66 du code du moudjahid et du chahid.» Par sa décision de limogeage de Rabah Drif, le ministère de la Culture a dégagé toute responsabilité quant à ce qu’il qualifie d’acte «irréfléchi» qui est «moralement et politiquement inacceptable émanant de l’un de ses cadres», affirmant que cette attitude «ne respecte point les règles de responsabilité dont doit faire preuve chaque cadre et homme de culture qui assume la direction de la culture et représente la politique culturelle du gouvernement auprès des citoyens et des habitants de l’une des wilayas du pays».
F. Guellil