Accueil À LA UNE Homme de consensus, nationaliste et redoutable patriote 

Homme de consensus, nationaliste et redoutable patriote 

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L’Algérie pleure un président de la République dont le parcours restera gravé dans les mémoires comme étant celui d’un patriote qui avait répondu à l’appel d’un pays, victime d’un terrorisme sanguinaire, d’une conjoncture économique difficile et d’un isolement diplomatique entretenu par ceux qui alimentaient ceux qui semaient le chaos dans le pays. 

« L’image d’une des victimes de l’attentat qui avait ciblé le siège du commissariat central d’Alger commis le 30 janvier 1995, à la veille du mois sacré, faisant 42 morts et 256 blessés, allongée sur son lit d’hôpital, le suppliant de faire quelque chose est restée dans les mémoires de ceux qui avaient vécu cette époque. » Liamine Zeroual n’était pas destiné à faire une carrière politique, lui le militaire de carrière, mais il avait répondu à l’appel de la patrie qui avait besoin de la mobilisation de tous ses enfants.  

Il avait accédé au poste de chef de l’État à la fin du mandat du Haut Conseil d’État, une structure collégiale installée au lendemain du processus électoral en décembre 1992. Le choix s’était porté sur lui après la Conférence nationale du dialogue qui s’était tenue les 25 et 26 janvier 1994 au club des Pins, à laquelle avaient participé plusieurs formations politiques et qui devaient trouver un consensus sur un organe de transition chargé de diriger le pays en attendant le retour des institutions constitutionnelles. Ét dès son accession à la présidence de l’État, il avait frappé par sa sincérité et par sa façon purement algérienne de diriger le pays, « ne jamais céder au chantage et aux pressions ». Et il le montrera à plusieurs reprises en rejetant toutes les tentatives masquées et autres de pousser l’Algérie vers l’abdication devant le terrorisme islamiste au nom de faux principes de dialogue, de réconciliation nationale et autres. L’histoire retiendra qu’un jour il avait déclaré en réponse à ceux qui voyaient en l’Algérie un pays paria qu’il fallait éviter, que « le pays retrouvera sa sécurité et sa stabilité et ceux qui nous évitent aujourd’hui se bousculeront à nos frontières demain ». Une prophétie qui se confirme aujourd’hui avec le statut de leader régional qui qualifie notre pays.   

Il avait fait de grands efforts pour éviter au pays l’implosion durant la décennie du terrorisme, et il avait montré une grande détermination à rejeter toute ingérence étrangère. La France socialiste qui hébergeait les sanguinaires du GIA, qui avait pondu son fameux « qui tue qui », pour renvoyer dos à dos les sanguinaires islamistes et l’État, les défenseurs du pacte de « Sant ’Egidio », le voisin marocain qui voulait utiliser l’Algérie comme laboratoire pour tester la capacité des islamistes à diriger un pays, ont été tous rabroués par la détermination du président Zeroual qui avait de l’Algérie souveraine dans ses décisions un principe. 

L’histoire retiendra qu’au moment du détournement d’avion d’Air France par le GIA à l’aéroport d’Alger (24-26 décembre 1994), il avait refusé l’intervention du GIGN français en Algérie comme le souhaitait Charles Pasqua, le ministre de l’intérieur français de l’époque. Malgré toutes les pressions, il avait refusé que les gendarmes français viennent opérer à Alger, une position condamnée par le gouvernement français de l’époque mais qui marque la détermination de l’Algérie à jouir de sa pleine souveraineté.  Le gouvernement socialiste français de l’époque était revenu à la charge à plusieurs reprises pour exiger des autorités algériennes l’ouverture des frontières au GIGN pour intervenir dans le pays, mais aussi bien ses supplications que ses menaces n’ont pas fait fléchir Zeroual. L’attaque contre une résidence du personnel diplomatique français à la cité « Ain Allah » le 19 août 1994 qui avait fait plusieurs morts, le rapt puis l’assassinat des moines de Tibhirine, ne l’ont pas poussé à céder aux pressions françaises. Et quand au mois d’août 1994, l’hôtel Atlas-Asni à Marrakech a été la cible d’une attaque terroriste, le roi du Maroc à cette époque Hassen II, n’avait pas hésité à pointer du doigt l’Algérie en décidant l’application du visa d’entrée aux ressortissants algériens, Zeroual usant du droit à la réciprocité avait décidé la fermeture des frontières terrestres, une décision qui traduit l’intransigeance des autorités algériennes à ne pas céder au chantage et surtout à défendre l’image du pays. Les effets de cette décision sont à ce jour catastrophiques pour toutes les régions du Maroc oriental.

Au mois de décembre 1995, il est élu président de la République avec un taux de 61.3% marquant une nouvelle étape pour le pays qui commençait à gagner la guerre contre le terrorisme, réduit à des bandes sanguinaires qui ne pouvaient plus influer sur la dynamique politique engagée dans le pays qui retrouvait l’ordre institutionnel par cette élection. Toutefois en 1998, il annonce qu’il écourtait son mandat présidentiel, pour la tenue de présidentielles anticipées au mois d’avril 1999. Il s’est retiré par la suite de la vie politique, en retrouvant sa famille et sa ville natale Batna, ne se permettant que quelques rares apparitions publiques. Finalement les Algériens garderont de lui l’image de l’homme du consensus, celui qui avait dirigé le pays au moment où de nombreux dangers le guettaient. 

Slimane B.

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