L’administration de la prison de Janot poursuit la privation de soins médicaux à l’encontre des prisonniers palestiniens originaires de Ghaza, notamment ceux blessés lors de l’opération de répression menée le 7 octobre courant. Plusieurs détenus souffrent de fractures et de blessures sans bénéficier de la prise en charge médicale nécessaire, a alerté hier le Bureau d’information des prisonniers.
Dans un communiqué, le bureau a fait état de graves manquements aux soins médicaux, touchant aussi bien les détenus blessés lors de la dernière agression que ceux souffrant de maladies chroniques. Selon les informations rapportées, un prisonnier présentant des fractures aux côtes et une blessure à la tête, consécutives aux violences récentes, n’a reçu aucun traitement.
Un autre détenu, dont la jambe fracturée est fixée par des plaques métalliques, s’est vu refuser l’administration d’un antidouleur malgré ses demandes. La privation de soins concerne également les prisonniers atteints de pathologies chroniques. Le bureau a notamment signalé le cas d’un détenu souffrant de thalassémie et d’hypertension artérielle, qui ne reçoit pas son traitement contre l’hypertension. Depuis son arrestation, celui-ci aurait perdu près de 50 kilogrammes, dans un contexte marqué par la faible quantité de nourriture distribuée et la mauvaise qualité des repas.
Des conditions sanitaires alarmantes
Au-delà des blessures et des maladies chroniques, les conditions sanitaires dans la prison de Janot aggravent les souffrances des détenus. Les prisonniers atteints de gale et d’infections fongiques endurent des douleurs et des démangeaisons si intenses qu’elles les empêchent de dormir. Cette situation est aggravée par le manque de médicaments et de produits d’hygiène. Selon le Bureau d’information des prisonniers, le lavage des vêtements n’est autorisé qu’une fois tous les dix jours, pendant une durée insuffisante pour permettre à l’ensemble des détenus d’en bénéficier. Ces restrictions, conjuguées à la pénurie de produits de nettoyage et à l’absence de traitements adaptés, exposent davantage les prisonniers malades à la dégradation de leur état de santé. Face à cette situation, le bureau a tenu l’occupant sioniste pour responsable de la détérioration de la santé des détenus palestiniens. Il a appelé les institutions internationales, ainsi que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), à intervenir d’urgence afin de garantir aux prisonniers malades et blessés l’accès aux soins médicaux indispensables.
Actes de violence documentés depuis le 7 octobre
Ces nouvelles révélations interviennent quelques jours après la publication, par le même organisme, de témoignages détaillant les violences infligées aux prisonniers de Ghaza lors de l’opération de répression menée le 7 octobre dans la prison de Janot. D’après les informations communiquées le 8 octobre, les forces de répression ont eu recours à des balles en caoutchouc, à des gaz, à du gaz poivré ainsi qu’à des bâtons et des matraques. Des chiens policiers auraient également été introduits dans les cellules des détenus. Cette intervention aurait provoqué des fractures aux mains de plusieurs prisonniers. Un détenu aurait subi des brûlures à la main après avoir été touché par une grenade, tandis qu’un autre, dont la jambe avait déjà été fracturée et consolidée à l’aide de plaques métalliques, aurait été frappé sur cette même jambe. Sa demande de transfert vers l’infirmerie serait toutefois restée sans réponse. Les violences auraient également visé des prisonniers atteints de gale et de furoncles, provoquant le saignement de leurs plaies, selon le bureau. Au cours de cette opération, les détenus auraient en outre été privés de petit-déjeuner, contraints d’attendre pour recevoir leur déjeuner et empêchés d’utiliser les toilettes.
Une situation dénoncée depuis plusieurs mois
Les conditions de détention dans la prison de Janot ne se limitent pas aux conséquences de la dernière opération de répression. Dans un rapport publié le 12 août dernier, la Commission des affaires des prisonniers et anciens prisonniers avait déjà documenté, sur la base de visites et de témoignages de détenus, la persistance des coups, des opérations de répression, du manque de soins médicaux et de la pénurie de produits de première nécessité. Le rapport faisait notamment état d’une surpopulation importante : certaines cellules accueillaient jusqu’à douze prisonniers alors qu’elles ne disposaient que de dix lits, obligeant deux détenus à dormir à même le sol. La commission avait également signalé le retrait des matelas entre le comptage du matin et celui du soir, ainsi que des restrictions concernant le lavage des vêtements, parfois espacé de deux semaines. Ces témoignages successifs mettent en évidence la dégradation des conditions de détention des prisonniers palestiniens originaires de Ghaza, confrontés à la fois aux violences physiques, aux restrictions d’hygiène et à la privation de soins. Pour les détenus blessés ou atteints de maladies chroniques, ces conditions font peser un risque supplémentaire sur leur santé, alors même que leurs demandes de traitement restent, selon les organismes palestiniens, sans réponse. Le Bureau d’information des prisonniers réitère ainsi son appel à une intervention internationale urgente pour assurer la prise en charge médicale des détenus, mettre fin aux mauvais traitements et garantir le respect de leurs droits fondamentaux.
M. S.

