Macron procède à un remaniement du gouvernement

France : Macron procède à un remaniement du gouvernement

Le président français, Emmanuel Macron, a finalement mis mardi, fin au suspense en procédant à un large remaniement de son gouvernement, en déséquilibre depuis le départ de son ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, fidèle de ses fidèles.

Attendu depuis quinze jours, ce remaniement vise, selon des informations, à donner un nouveau souffle à l’Exécutif mis à mal par le départ de sept ministres depuis l’avènement, il y a de cela dix-sept mois, du président Macron, affecté notamment par le dernier scandale de l’affaire de son chargé de la sécurité Alexandre Benalla et le départ du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, pour divergences politiques. Même si certains observateurs relèvent qu’il a éprouvé des difficultés dans la constitution du nouveau gouvernement en raison de l’érosion de l’attractivité qu’il suscitait après son élection, d’autres pensent que la président Macron veut lancer un message «fort» dans le sens où il est le «maître des horloges». Il a ainsi décidé pour que son Premier ministre, Edouard Philippe, ne lui présente pas la démission de son gouvernement, afin d’éviter une autre déclaration de politique générale devant le Parlement, alors qu’il n’y a pratiquement pas de changement de cap dans son programme. Le changement important dans ce nouveau gouvernement et que le portefeuille de ministre de l’Intérieur a été confié à un de ses proches, Christophe Castaner, qui fait doucement et sûrement une ascension politique remarquable. Beaucoup pensent que cet homme de confiance du président Macron était devenu «incontournable» dans le fonctionnement du pouvoir. Le nouveau ministre de l’Intérieur occupait jusque-là le poste de secrétaire d’état aux Relations avec le Parlement. Il sera épaulé de Laurent Nunez, dont les parents sont des pieds-noirs. Actuellement à la tête de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), il est nommé secrétaire d’état auprès de Castaner. C’est toute l’importance que veut donner le président français à ce département en charge de la sécurité intérieure dans le sens où la France est confrontée, depuis 2015, au terrorisme, dont on redoute le retour imminent des «combattants» français qui s’étaient engagés au Moyen-Orient dans les rang du groupe terroriste autoproclamé «état islamique» (Daech). Dans ce troisième gouvernement d’Edouard Philippe, qui a été contraint de la changer une première fois en raison de l’implication de certains ministres dans des affaires de justice, il y a finalement quatre sortants, sans compter le départ de Gérard Collomb (Intérieur), Jacques Mézard (Cohésion des territoires), Françoise Nyssen (Culture), Stéphane Travert (Agriculture) et Delphine Gény-Stephann (secrétaire d’état auprès du ministre de l’Economie). Le nouveau gouvernement enregistre huit entrants, à savoir les ministres Franck Riester (Culture), Didier Guillaume (Agriculture), Marc Fesneau (Relations avec le Parlement) et les secrétaires d’état Emmanuelle Wargon (Transition écologique), Christelle Dubos (Solidarité), Agnès Pannier-Runacher (Economie), Gabriel Attal (Jeunesse), et Laurent Nunez (Intérieur). Le président Macron a tenu à respecter la parité hommes/femmes dans ce gouvernement de 34 portefeuilles, dont 17 sont revenus à des femmes. Dans un communiqué, l’Elysée a expliqué que «c’est une équipe renouvelée, dotée d’un second souffle, mais dont le mandat politique reste le même. Cette équipe gouvernementale va inscrire son action dans la continuité de la politique menée par le gouvernement et du calendrier des réformes pour les mois à venir».,