Accueil ACTUALITÉ FFS : Ahmed Bettatache invente le «3 N»

FFS : Ahmed Bettatache invente le «3 N»

0

Après un suspense de plusieurs mois, le Front des forces socialistes (FFS) s’est enfin prononcé sur l’élection présidentielle d’avril prochain.
Le plus vieux parti d’opposition a tranché la question en refusant de participer à cette élection tout comme il a refusé d’appeler à son boycott, encore moins au soutien à un quelconque candidat. Les membres du conseil national du parti qui se sont réunis, hier, en session extraordinaire à Alger ont rendu publique une déclaration dans laquelle ils ont expliqué le choix du parti. Le premier secrétaire du parti, Ahmed Bettatache, a expliqué les motivations du FFS. Pour lui, les conditions de la tenue d’un scrutin transparent ne sont pas réunies. Ahmed Bettatache ne se fait pas d’illusion concernant le 18 avril prochain, c’est-à-dire au lendemain de la proclamation des résultats de la Présidentielle. «Le consensus national et la démocratie ne seront pas au rendez-vous au lendemain de l’élection présidentielle du 17 avril prochain», a-t-il dit. Plus grave encore, le premier secrétaire du FFS a qualifié cette élection de menace pour la cohésion nationale. «Le fossé entre les institutions et les citoyens ne fera que se creuser davantage et l’État se délite chaque jour un peu plus», a-t-il ajouté. Le parti de Hocine Aït Ahmed a regretté le maintien d’un système où les décideurs dans les différentes sphères de décision, a-t-il dit, continuent de tout se permettre après que les grandes puissances mues dans leurs seuls intérêts stratégiques et économiques lui aient déjà tout permis. Pour le FFS, l‘élection présidentielle d’avril prochain constitue une simple formalité pour les décideurs afin d’imposer leurs options. Rien ne sera réglé a regretté Ahmed Bettatache, estimant que les périls et les défis seront toujours immenses. Il est clair que le prochain scrutin ne permettra certainement pas de conjurer les risques de vide politique, d’instabilité institutionnelle, de radicalisation possible et n’effacera pas les pressions économiques, diplomatiques, voire sécuritaires qui s’accentuent sur l’Algérie, a encore ajouté le premier secrétaire du FFS. Pour Ahmed Bettatache, il ne faut pas confondre entre le système et l’État. Le FFS refuse de sauver le système au nom du patriotisme, mais il n’oublie toujours pas le patriotisme au nom de la démocratie. Pour mettre fin aux menaces d’une déstabilisation qui guette l’Algérie, l’orateur s’est appuyé sur les exemples de certains pays ayant connu des révoltes populaires, comme l’Égypte, la Libye, le Soudan et récemment l’Ukraine. Pour faire face à toutes ces menaces, le FFS compte relancer son initiative de construction d’un consensus national pour aller à une transition démocratique et pacifique. En conclusion, le plus vieux parti d’opposition estime que participer à ces élections est inconcevable, tout comme il a refusé de s’inscrire dans le camp des boycotteurs de cette échéance. Ahmend Bettatache a expliqué que l’option du boycott, même si elle est respectable, ne constitue pas à elle seule une alternative.
Hacène Naït Amara

Article précédentSaâdani assure un retour en forme imminent du Président
Article suivantEntretien avec Zaïm Bensaci, président du CNC PME