Le bureau médiatique gouvernemental dans la bande de Ghaza a mis en garde contre une aggravation inquiétante de ce qu’il qualifie d’une famine pratiquée par l’occupation sioniste, à travers l’asphyxie des approvisionnements en farine et le contrôle strict du flux des biens essentiels.
Cette situation, dénoncée dans un contexte de silence international préoccupant, menace directement la sécurité alimentaire de plus de 2,4 millions de Palestiniens. Dans un communiqué de presse, l’institution a indiqué que les derniers mois ont été marqués par une baisse drastique de la production de pain, conséquence directe d’une pénurie aiguë de farine. Cette situation est aggravée par des restrictions sévères sur l’entrée des marchandises et de l’aide humanitaire. Selon le bureau, les quantités autorisées à entrer dans l’enclave ne dépassent pas, dans le meilleur des cas, 38 % des volumes enregistrés avant la guerre, malgré un accord prévoyant l’entrée quotidienne de 600 camions dans le cadre du protocole humanitaire. La crise s’est intensifiée avec l’arrêt des livraisons de farine par l’organisation World Central Kitchen, qui fournissait auparavant entre 20 et 30 tonnes par jour. Parallèlement, le Programme alimentaire mondial a réduit ses livraisons quotidiennes de 300 à 200 tonnes, tandis que d’autres institutions ont suspendu leur soutien à la production de pain et de farine. D’après les données disponibles, les besoins quotidiens de la bande de Ghaza s’élèvent à environ 450 tonnes de farine, alors que seulement 200 tonnes sont actuellement disponibles, creusant un déficit critique dans l’approvisionnement. Sur le terrain, environ 30 boulangeries sont encore en activité, produisant près de 133 000 pains par jour. Parmi eux, 48 000 sont distribués gratuitement, tandis que 85 000 sont vendus à prix subventionné à travers 142 points de distribution. Toutefois, ces quantités restent largement insuffisantes pour répondre aux besoins réels de la population.
Le bureau médiatique a averti que la poursuite de la réduction de l’aide humanitaire pourrait conduire à un effondrement total du système de production de pain, renforçant ainsi une politique de famine visant les civils. Il a qualifié la situation de « guerre douce systématique » s’inscrivant dans une stratégie de génocide. Le communiqué critique également les déclarations de Nikolay Mladenov concernant l’entrée de centaines de camions dans la bande de Ghaza, estimant qu’elles « ne reflètent pas la réalité et constituent une couverture politique trompeuse » du maintien du blocus. Le bureau a appelé la communauté internationale et les médiateurs à intervenir immédiatement afin de faire pression sur l’occupation pour ouvrir pleinement les points de passage, permettre l’entrée du blé et de la farine sans restriction, et garantir un flux d’aide conforme aux besoins réels, tout en tenant l’occupation pour pleinement responsable de l’aggravation de la crise. De son côté, l’Union des industries alimentaires et agricoles a alerté sur les conséquences de l’interdiction persistante d’importer des huiles industrielles et des pièces détachées nécessaires au fonctionnement des chaînes de production. Elle a averti que cette situation menace de provoquer l’arrêt progressif des usines et des boulangeries encore opérationnelles malgré des conditions extrêmement difficiles.
Dans une déclaration publiée dimanche, l’Union a souligné que la pénurie de ces intrants essentiels expose les installations alimentaires à un risque imminent de fermeture, ce qui affectera directement la disponibilité des produits de base, notamment le pain, constituant ainsi une menace directe pour la sécurité alimentaire dans la bande de Ghaza. Le vice-président de l’Union, Samir Bashara Shahada, a indiqué que le secteur traverse une phase critique en raison de l’interdiction continue d’importer les fournitures indispensables, mettant en garde contre ses répercussions sur la continuité de la production sur le terrain, les habitants de Ghaza sont contraints de faire la queue pendant de longues heures devant les rares boulangeries encore en activité, soutenues par le Programme alimentaire mondial, afin d’obtenir de petites quantités de pain. Ce pain est vendu à un prix symbolique compris entre 2 et 3 shekels (1 dollar équivalant à 3,64 shekels), soit environ 25 à 30 % de son prix réel, selon un expert économique. Depuis début mars, la première phase de l’accord de cessez-le-feu, qui a duré 42 jours, a pris fin sans que la seconde phase — censée mettre un terme à la guerre — ne soit engagée.
À la suite de cette échéance, les forces d’occupation ont de nouveau fermé tous les points de passage vers Ghaza, empêchant l’entrée de l’aide humanitaire, dans une démarche visant à utiliser la famine comme levier de pression politique. Les images sur le terrain illustrent une crise alimentaire profonde : des foules compactes se massent devant les boulangeries, dans l’espoir d’obtenir du pain à bas prix. Selon les données de la Banque mondiale, la guerre — qui a duré près de 16 mois — a plongé l’ensemble de la population palestinienne dans la pauvreté, la majorité dépendant désormais de l’aide humanitaire. Au cours de ces mois de conflit, les habitants ont été confrontés à des conditions proches de la famine en raison des restrictions strictes sur l’entrée des aides. Certains ont été contraints de recourir à des alternatives extrêmes, telles que la consommation d’aliments pour animaux ou de plantes sauvages, tout en réduisant drastiquement la fréquence et la quantité de leurs repas.
M. Seghilani












































