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FACE À LA SITUATION SANITAIRE PRÉOCCUPANTE : Vers l’adoption de mesures plus coercitives

Les spécialistes et les professionnels de la santé ont tiré la sonnette d’alarme concernant la situation épidémiologique qu’ils jugent « critique » et «  préoccupante » nécessitant le retour urgent aux mesures barrières et l’accélération de la vaccination.

À ce propos, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, s’est exprimé hier par visioconférence lors de sa réunion avec les directeurs des structures hospitalières pour faire le point de la situation épidémiologique, laissant entendre que « d’autres mesures coercitives seront prises prochainement, devant la dégradation sanitaire ». Indiquant que la situation est « alarmante », et « très « préoccupante », et que ses services « vont intensifier la vaccination » qui, selon lui «est le seul moyen pour casser la dynamique des contaminations exponentielles que vit le pays ».
Également le communiqué du ministère de la Santé a précisé qu’ « Il faut préparer les hôtels et les équiper pour accueillir les malades », prévient Benbouzid, qui ajoute que « l’Armée a mis à notre disposition un hôtel de 120 lits pour recevoir des patients en besoin d’oxygène ».

Le manque d’oxygène inquiète les spécialistes
Dans le même sujet, et de sa part, le docteur Mohamed Yousfi a mis en garde, lors de son passage sur les ondes de la radio de Sétif, contre« l’absence de contrôle de respect du protocole sanitaire, le non-respect par les citoyens des mesures barrières contre la propagation du variant » qui a causé l’aggravation et la hausse inquiétante des cas contaminés. «  Nous sommes dans une situation critique et dangereuse, en particulier dans les wilayas touchées par ce virus. Et que les hôpitaux débordent de malades du Covid-19. « Devant cette situation catastrophique, nous lançons un appel à nos concitoyens pour qu’ils se ressaisissent, qu’ils pensent à nous mais aussi à ces décès et aux nombreux malades qui sont en train de mourir ». Il a souligné, par ailleurs que le service de réanimation à l’hôpital de Blida est saturé. Les malades infectés, finissent par mourir, en raison du manque de lits vacants. Dans le même contexte, il a révélé que tous les malades admis à l’hôpital ont besoin d’oxygène. « Une situation que nous n’avons pas vu lors des première et deuxième vague de l’épidémie » précise-t-il. Il a souligné, à ce propos, que le problème ne réside pas dans la production de quantités d’oxygène, mais plutôt dans l’arrivée tardive des camions. Aussi, certains gestionnaires au sein des hôpitaux ne se sont pas mobilisés durant la période liée à la baisse de cas de Covid pour combler le déficit enregistré en termes de réservoirs d’oxygène. Appelant les responsables des hôpitaux de mettre les moyens nécessaires surtout concernant les cuves à oxygène.
Aussi pour Dr Lyes Merabet, président du SNPSP, l’évolution rapide de la pandémie du covid-19 en Algérie a engendré une demande « exponentielle » sur l’oxygène qui connaît un manque dans certaines structures hospitalières, alerte-t-il, alors que la tension sur les hôpitaux s’accentue, il appelle à des mesures urgentes pour faire face à cette situation, comme le réaménagement du confinement au minimum à partir de 18h-19h jusqu’au lendemain 6h-7h, avec bien entendu le respect des mesures barrières. Il faudrait sévir, être sur le terrain, contrôler et sensibiliser. La réglementation doit être appliquée dans toute sa rigueur, en sanctionnant les réfractaires, affirme-t-il.

L’Algérie est-elle prête à y faire face ?
De son côté le Pr Riyad Mahyaoui, membre du Comité scientifique en charge du suivi de la Covid-19, a indiqué que malgré le nombre élevé des contaminations, « le pic pourrait avoir lieu en fin de semaine prochaine avant l’amorce de la décrue, à la condition que la dynamique vaccinale connaisse une plus grande impulsion et que les citoyens respectent plus rigoureusement les mesures barrières ». Mais, rassure le Pr Mahyaoui, l’Algérie est prête à faire face à cette situation avec un plan d’urgence articulé autour de l’ouverture de nouveaux espaces de vaccination avec l’installation d’autres chapiteaux ainsi que la mobilisation des moyens de l’État, y compris ceux de l’Armée pour acheminer des quantités suffisantes d’oxygène dans les hôpitaux. Concernant la vaccination, il est à rappeler que le Dr Fourar a fait savoir que « le ministère de la Santé réceptionnera, de façon continue, des vaccins à raison de 3 millions de doses par mois, ce qui garantira la poursuite, de façon confortable, de la campagne de vaccination ». De son côté le ministère de la Santé avait déclaré que l’Algérie avait reçu le 11 juillet 1 600 000 doses, et qu’il est prévu de réceptionner demain vendredi 2 400 000 doses.
Sarah Oubraham