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EXPLOSION DE GAZ À EL-BAYADH : Quels enseignements en tirer ?

Les premières conclusions de l’enquête ouverte après la dramatique explosion de gaz de ville survenue samedi à El Bayadh, faisant cinq morts et plus d’une dizaine de blessés, font apparaitre aussi bien une responsabilité humaine et un non-respect des dispositions légales régissant la sécurité des installations de transport et de distribution de gaz dans les espaces urbains. La Sonelgaz, le premier responsable de ce type d’installation a nié sa responsabilité dans les faits ou toute autre négligence ou défaillance dans la conduite où est survenue l’explosion. Selon ses responsables, un engin de travaux publics appartenant à une entreprise non agréée par ses services serait à l’origine du dramatique accident. Mais force est de reconnaitre que l’intervention de cet engin sur la voie publique et sur un espace considéré comme faisant partie de la surface de sécurité des installations gazières de moyenne et petite pression ne pouvait pas passer inaperçue.  L’entreprise aurait pu, du moins en théorie, soit avoir bénéficié de la bénédiction de parties chargées de veiller sur la sécurité de ces installations soit de leur laxisme. Il faut préciser dans ce cadre que ce type d’installation est protégé par l’arrêté interministériel du 14 juin 2011, paru sur le Journal officiel N° 54 et relatif à la protection des installations gazières de moyenne et basse pression. Le texte précise que les installations de transport (conduites), de stockage de gaz ou de gaz de pétrole liquéfié (GPL), doivent être réalisées en observant une distance de sécurité (servitude) de 10 mètres des espaces construits et bâtiments, occupés par des personnes, et non fréquentés par le public.  Il précise que cette distance peut être portée à 75 mètres pour certains types d’installations réalisées dans des espaces habités.  Concernant les bords des routes, cette distance est fixée à 10 mètres. En revenant à l’accident qui s’est produit à El-Bayadh, force est de constater que les dispositions de cet arrêté ont été royalement ignorées. Aucune distance de sécurité, édictée par ce texte ne semble avoir été scrupuleusement respectée à Rogassa dans la wilaya d’El-Bayadh. Et cet exemple n’étant pas exclusif à cette wilaya, il parait nécessaire aujourd’hui de procéder à une vaste opération de contrôle pour réparer ce qui peut encore l’être. À titre illustratif, dans la wilaya d’Oran, tout un bidonville est réalisé à Sidi El-Bachir au dessus d’une conduite de gaz de haute pression.  À Bir El-Djir, les travaux d’extension d’une coopérative immobilière ont failli provoquer l’irréparable quand un entrepreneur chargé des travaux a mis à nu une conduite de gaz. Il a fallu l’intervention des citoyens pour voir les services de sécurité intervenir et suspendre les travaux. Ces agressions contre les installations de gaz laissent également supposer que la Sonelgaz ne dispose pas d’un schéma précis situant les zones de passage des conduites et autres implantations de stations et dépôts de carburants. Depuis des années, les habitants de Hai Dhaya (expetit Lac), dans la wilaya,  réclament le démantèlement d’une station de stockage et de distribution de carburants installées depuis la période coloniale dans leur quartier. Ils craignent pour leur vie en cas d’accident. Et en attendant, même la batterie de textes régissant le stockage, le transport et la distribution de gaz et carburants semble être dépassée par l’explosion urbanistique de certaines villes. Des équipements qui étaient installés en zone éparses il y’a quelques années, se retrouvent aujourd’hui, à la faveur du développement des agglomérations, en pleine zone d’habitation.
Slimane Ben