Le parlement européen continue de fouler aux pieds le droit international qui ne reconnait pas la souveraineté du Maroc sur les territoires du Sahara occidental et les décisions de la Cour de justice européenne –CJUE), qui ont déclaré caducs les contrats, de quelque nature qu’ils soient conclus entre le Maroc et des pays membres de l’Union européenne, et englobant dans leur espace de mise en œuvre des territoires sahraouis occupés.
C’est un jeu dangereux auquel se livre le Parlement européen qui donne l’impression d’être encore sous l’influence des Eurodéputés corrompus, qui avaient créé des réseaux de lobbying au profit du Maroc et qui sont toujours mis en examen en attendant leur comparution devant un tribunal. Le site électronique « Afrique Intelligence » a publié le 26 mars un article dans lequel il affirme que, malgré la fronde au Parlement, une délégation de la Commission européenne a récemment réalisé une discrète mission d’audit à Dakhla dans les territoires sahraouis occupés. L’objectif de cette mission, évaluer la capacité du royaume à gagner en autonomie dans le processus d’exportation des fruits et légumes cultivés dans ces territoires. « Le 18 mars, une délégation de la Commission européenne rencontrait en toute discrétion à Dakhla, au Sahara occidental, l’équipe locale de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (Onssa), l’organe public marocain chargé d’assurer la sécurité sanitaire des produits alimentaires importés et exportés. Elle doit évaluer les compétences de l’antenne, dirigée par Hassane Moujahid, d’effectuer elle-même l’intégralité des contrôles de conformité nécessaires à l’importation dédouanée de fruits et légumes du Sahara occidental en Union européenne (UE). La mesure, requise par Rabat auprès de la Commission, donnerait une pleine autonomie au royaume dans le processus, tandis qu’il est encore tributaire aujourd’hui du feu vert des douanes des pays européens importateurs. Au même moment, à Bruxelles, la réunion ordinaire de la commission de l’agriculture et du développement rural (Agri) du Parlement européen tournait au vinaigre. Députés espagnols, français, italiens ou encore roumains se sont passé le micro pour évoquer un à un leur perplexité, voire leur vif mécontentement, vis-à-vis de la prolongation des tarifs préférentiels accordés aux produits agricoles et de pêche importés depuis le Sahara occidental par l’UE ». Cela laisse supposer que les membres de l’UE versent dans un jeu dangereux en niant le droit international et les arrêts de la CJUE qui a été claire dans le sens où elle a déclaré illégal tout contrat conclu avec le Maroc et englobant dans son espace de mise en œuvre les territoires sahraouis occupés. La trouvaille de la commission du Parlement européen est grossière dans la mesure où elle a justifié sa mission à Dakhla par son vœu d’évaluer le respect des normes sanitaires en cours en Europe, par les produits agricoles importés par les membres de l’UE depuis le Maroc. Cette commission a voulu passer outre le statut de territoire non autonome du Sahara occidental en plaçant l’objet de la mission sous l’intitulé de mission d’évaluation du respect des normes sanitaires par les producteurs marocains. Une grosse couleuvre qui n’a pas berné les observateurs qui ont dénoncé le jeu trouble de la Commission européenne et du Parlement européen. Il y a lieu de rappeler que le 4 mars dernier que le site officiel du Parlement du Royaume-Uni avait publié la réponse du gouvernement à une question parlementaire concernant l’étiquetage des aliments provenant du Sahara occidental. La question avait été déposée le 25 février par le député travailliste Brian Leishman auprès du Department for Environment, Food and Rural Affairs. Dans sa réponse écrite, la ministre Angela Eagle a affirmé que le gouvernement britannique est engagé à garantir que les consommateurs ne soient pas induits en erreur sur l’origine des aliments qu’ils achètent. Elle a rappelé que, conformément aux règles relatives à l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, l’étiquetage ne doit pas être trompeur quant à l’origine ou à la provenance des produits. Cette position de la Grande Bretagne qui n’est pas membre de l’UE devrait inciter le Parlement européen à respecter les décisions prises par ses institutions et par la CJUE au lieu de tenter de ruser et de se faire le complice du pillage des ressources d’un peuple qui vit sous le joug d’un colonisateur qui foule aux pieds le droit international.
Slimane B.












































