Elle a pris une dimension internationale : Découverte à Kiev d’une prison secrète liée à Azov avec 40 hommes dont un adolescent

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Près de Kiev, un bâtiment occupé par l’unité Azov de la Garde nationale d’Ukraine est au cœur d’un scandale de détention clandestine qui a pris une dimension internationale. Des dizaines d’hommes et un adolescent ont été retenus dans un sous-sol, dont plusieurs avec de graves blessures, dues notamment à la torture .
La présence d’un adolescent de 14 ans et les accusations de torture ont déclenché de violentes manifestations à Kiev. lundi, à Petropavlovskaïa Borchtchagovka, après des révélations sur un centre de détention clandestin attribué à une unité de la Garde nationale ukrainienne associée à l’organisation terroriste Azov. « Environ 40 personnes ont été enfermées dans le sous-sol d’une maison privée, certaines présentant de graves blessures et de traces de torture ».

« Plusieurs personnes ont été battues à mort dans ce sous-sol, puis déclarées disparues »
Réagissant à ce drame, le Kremlin ne s’étonne pas « du silence des organisations occidentales de défense des droits de l’Homme face au scandale de la prison clandestine près de Kiev ». Selon son porte-parole Dmitri Peskov, « les institutions européennes cherchent à protéger les autorités ukrainiennes de l’affaire, qui a pourtant déjà pris une dimension internationale » a-t-il précisé. L’alerte a été donnée par une femme présentée comme soignante, qui affirmait avoir reçu des vidéos montrant plusieurs hommes grièvement blessés. Les gardes ont d’abord refusé l’accès aux secours. Quatre hommes ont finalement été évacués, dont un dans un état grave. L’un d’eux souffrait d’une fracture de la colonne vertébrale. Sous la pression des manifestants, la Garde nationale a ensuite accepté le transfert des autres hommes vers un établissement médical. La police ukrainienne a confirmé la présence de militaires de la Garde nationale dans le bâtiment » Son commandant, Oleksandr Pivnenko, l’a présenté comme un « point de déploiement temporaire » accueillant des mobilisés et des soldats ayant quitté leur unité sans autorisation. La découverte du mineur a aggravé le scandale. Évacué avec l’aide de sa sœur, le garçon a été frappé avec une pelle, selon des témoignages rapportés par la presse ukrainienne lundi. Les accusations vont plus loin. Le député ukrainien Artiom Dmitrouk affirme que « plusieurs personnes ont été battues à mort dans ce sous-sol, puis déclarées disparues ». Il dénonce aussi « des détenus remis à des unités militaires ou à leurs familles contre de l’argent ». Ces révélations soulèvent de graves questions sur la légalité des détentions. Si elles sont établies, des privations de liberté arbitraires et des violences contre les détenus constituent « des violations des droits fondamentaux », notamment de l’interdiction de la torture. En colère plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant la propriété pour exiger des explications et la libération des détenus, avec des cris de « Honte ! », des manifestants ont tenté de forcer l’entrée, lançant des œufs et des briques contre les forces de l’ordre et le bâtiment. La police a utilisé du gaz lacrymogène, tandis que des manifestants tentaient de renverser un autobus et démolissaient une partie d’un mur. « Des tirs ont également été signalés » et certains témoignages accusent les forces de sécurité d’avoir ouvert le feu. Face à la contestation, le chef du bureau présidentiel ukrainien, Kyrylo Boudanov, s’est rendu sur place, où il a été accueilli par des huées.

Cette découverte révélée soulève de nouvelles questions sur l’existence d’autres centres similaires en Ukraine
Interrogé sur la présence de telles installations, Boudanov a répondu : « il existe beaucoup de bâtiments comme celui-ci ». Une déclaration qui a soulevé de nouvelles questions sur l’existence d’autres centres similaires en Ukraine. Boudanov a ensuite qualifié les événements d’inacceptables et annoncé des mesures avec les services de sécurité. La médiatrice militaire ukrainienne Olga Rechetilova a également annoncé des vérifications. Des journalistes signalaient parallèlement ne toujours pas pouvoir accéder au bâtiment. Une affaire qui met les autorités ukrainiennes sous pression Le scandale a rapidement dépassé le cadre local, suscitant de vives critiques au sein même de la classe politique ukrainienne. Le député Oleksy Gontcharenko a dénoncé « les dérives de la mobilisation forcée », affirmant que « des citoyens pouvaient être arrêtés dans la rue, emmenés contre leur volonté et détenus arbitrairement », indiquant que ces pratiques « font disparaître la confiance dans la loi et risquent de conduire le pays au chaos ». L’ancienne porte-parole de Zelensky, Ioulia Mendel, a également vivement mis en cause les autorités, dénonçant « un système de mobilisation marqué, par les violences et une corruption générant des milliards de dollars de pots-de-vin » selon elle. Les critiques ont aussi porté sur la responsabilité politique du pouvoir ukrainien. Oleg Soskine, ancien conseiller du président ukrainien Léonid Koutchma, a directement mis en cause Zelensky, tandis que le député Oleksandr Doubinski a affirmé que « les centres de détention non officiels ne constituaient pas un phénomène nouveau, évoquant des pratiques qui remonteraient à 2022 ». À Moscou, l’affaire a provoqué de nombreuses réactions. L’ambassadeur russe itinérant pour les crimes de Kiev Rodion Mirochnik a dénoncé l’existence supposée d’un réseau de prisons clandestines, notamment près de la ligne de front, où les familles et le public n’ont aucun accès. Le représentant spécial du président russe Kirill Dmitriev a estimé que « ces révélations commençaient à attirer davantage l’attention internationale ». La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a également dénoncé l’existence de tels lieux de détention. Elle a par ailleurs ironisé sur l’utilisation du russe par Boudanov lors des événements, dans le contexte de la politique linguistique ukrainienne. Les réactions ont également gagné plusieurs pays européens, où des voix critiques ont mis en cause l’attitude des dirigeants occidentaux. En Finlande, le responsable politique Armando Mema a reproché à l’Union européenne « de fermer les yeux sur les violences présumées contre les mobilisés ukrainiens », tout en contribuant, selon lui, « à prolonger le conflit ». Il a estimé que « ce silence pouvait être interprété comme une forme de complicité ». En Italie, le professeur Paolo Becchi, de l’université de Gênes, estime que le pouvoir de Zelensky « s’effondre » et en Norvège, le professeur Glenn Diesen a accusé « les responsables politiques et médiatiques occidentaux de chercher à minimiser l’affaire » et d’éviter qu’elle ne prenne davantage de place dans le débat public.
R. I.