La mobilisation de la diaspora sahraouie en France prend de l’ampleur face aux initiatives diplomatiques visant à imposer le plan d’autonomie marocain comme unique cadre de règlement de la question du Sahara occidental. Deux rassemblements ont été organisés, hier, devant l’ambassade des États-Unis à Paris et le consulat américain à Bordeaux, pour dénoncer les tentatives de remise en cause du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.
À travers ces deux actions, les manifestants ont notamment dénoncé le projet de résolution présenté par les États-Unis au Conseil de sécurité des Nations unies, le 30 octobre dernier, avec le soutien de la France. Ce texte, qui entendait faire du plan d’autonomie marocain le cadre de référence du règlement de la question sahraouie, a également suscité de vives inquiétudes en raison de ses dispositions relatives au mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) et à la suppression de la référence au référendum. La démarche américaine a finalement été mise en échec par le veto de la Russie, empêchant l’adoption du projet de résolution. Le soutien apporté par Paris à cette initiative soulève néanmoins de nouvelles interrogations sur la position de la France, membre permanent du Conseil de sécurité et, à ce titre, investie d’une responsabilité particulière dans la défense de la légalité internationale et du respect des résolutions onusiennes. À l’issue des rassemblements de Paris et de Bordeaux, des lettres ont été remises aux représentants des missions diplomatiques américaines afin de leur transmettre les préoccupations de la communauté sahraouie et de dénoncer les orientations défendues par l’administration américaine au sein de l’instance onusienne. Ces manifestations s’inscrivent dans un mouvement de mobilisation qui s’étend à plusieurs régions françaises. Mercredi dernier, des rassemblements avaient déjà eu lieu devant le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères ainsi qu’au centre de la France, pour interpeller les autorités françaises sur leur rôle dans les développements diplomatiques en cours. La mobilisation bénéficie du soutien de plusieurs partis politiques, élus et organisations non gouvernementales françaises, qui ont exprimé leur solidarité avec la lutte du peuple sahraoui. Plusieurs parlementaires ont également interpellé le gouvernement sur sa position au Conseil de sécurité, tandis que des maires de différentes municipalités ont dénoncé les démarches visant à substituer une solution imposée au processus de décolonisation fondé sur le droit à l’autodétermination.
M. Seghilani











