avocatp2

DÉTENUS POLITIQUES ET D’OPINION : Les avocats boycottent la chambre d’accusation de la Cour d’Alger

Pour soutenir les détenus d’opinion et politiques du Mouvement citoyen pacifique entamé le 22 février dernier, une centaine de personnes ont tenu, hier, un rassemblement devant la Cour d’Alger, exigeant la libération de ces détenus. De leurs côtés, les robes noires ont boycotté, hier, la chambre d’accusation de la Cour d’Alger pour dénoncer ces arrestations et celle notamment du moudjahid et ancien commandant de l’ALN, Lakhdar Bouregâa. Certains avocats ont refusé de plaider parce qu’ils considèrent ces arrestations et ces emprisonnements «ne relevant d’aucune loi, d’aucun délit émanant du Code pénal.»
Pour expliquer la raison de suspendre leur activité, l’avocat et membre du collectif de défense, Abdelghani Badi, a indiqué que « nous avons pris cette décision de boycotter la chambre d’accusation de la Cour d’Alger, car la décision d’incarcérer les manifestants pacifiques et Bouregâa, est purement politique. Donc toutes les procédures qui interviennent dans ce dossier ne peuvent pas être en dehors du contexte politique », a-t-il plaidé. Maître Badi a affirmé que « plus de 100 avocats et quatre syndicalistes se sont réunis, hier à Alger, pour prendre la décision de boycott afin de s’exprimer sur le refus de l’instrumentalisation de la justice à cause de divergences politiques », a-t-il indiqué.
Pour sa part, la représentante du Réseau national contre la répression, Aouicha Bekhti, a indiqué, lors de ce rassemblement, que «la décision du maintien de tous les détenus en prison est politique et la solution ne peut être que politique. » Et à elle d’ajouter que « la chambre d’accusation avait refusé, dimanche dernier, l’appel du mandat de dépôt introduit par les avocats. Un refus qui indique que les décisions sont déjà prises à l’avance », poursuit-elle. «Cela ne sert à rien de mener un débat juridique pour des délits d’opinion», dénonce l’avocate. De son côté, le président de la LADDH, maître Nourredine Benisaâd, a déclaré à ce sujet que « les avocats ont décidé à l’unanimité de boycotter ces audiences car la mise en détention de ces personnes et les poursuites engagées contre eux n’ont aucun fondement légal.» « Le principe légal est pas de peine sans texte ».
Pour ce qui est de l’affaire de Bouregâa, cet avocat explique que « Bouregâa est derrière les barreaux pour avoir exprimé une opinion politique». Il avait précisé que « plus de 200 avocats sont venus bénévolement pour se constituer dans ces affaires de libertés aussi bien pour les manifestants du mouvement pacifique que pour l’affaire du commandant Lakhdar Bouregâa. L’ambiance n’était pas à l’argumentaire juridique, ils ont unanimement décidé de boycotter ces audiences.»
Med Wali