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De peur d’essuyer un revers aux législatives-2017 : Les islamistes optent pour des conglomérats

Les partis islamistes les plus en vue de la scène nationale se sont regroupés autour de deux alliances, créées sous forme d’une fusion pour réhabiliter les anciennes formations-mères.

En effet, après l’«Alliance politique stratégique d’intégration» regroupant le FJD, Ennahda et le MEN, le MSP d’Abderrezak Mokri et le FC d’Abdelmadjid Menasra ont été dilués à la faveur d’une coalition. Adopté ce samedi, ce projet entend, au-delà de l’objectif électoral, faire une amorce pour un retour progressif au Hamas historique du défunt Mahfoud Nahnah.
Cette initiative aux jalons stratégiques de l’avis du président du FJD, Abdellah Djabellah, intervient néanmoins dans un contexte purement électoral. D’où l’intention première qui s’en dégage et qui semble animer ses initiateurs, du moins dans l’immédiat, comme le démontre par le passé une expérience similaire, notamment l’AAV (Alliance de l’Algérie verte).
Cette forme d’union qui a vu le jour aux législatives de 2012 ne trouve plus désormais sa raison d’être avec l’avènement du trio «FJD-Ennahda-MEN» et l’autre duo «MSP-FC». A priori, la démarche entend selon les islamistes entamer les prochaines législatives en rangs serrés, même si l’objectif visé à long terme s’inscrit dans un cadre plus pérenne. A la différence de l’expérience de 2012, ces deux alliances s’inscrivent dans le courant naturel des choses puisqu’elles regroupent des partis issus d’une même formation-mère, à l’exception du MEN (Mouvement de l’entente nationale), associé au projet cher à Djabellah. Cependant, à la lumière des déchirements ayant miné par le passé le courant islamiste, il est pour le moins difficile de croire à la durabilité d’une coalition quand bien même elle est composée par des partis qui faisaient autrefois une force-commune.
Si ce n’est, à ce titre, un objectif électoral consistant à aller coude-à-coude aux prochaines élections. Autrement dit, il sera question d’élaborer des listes électorales communes à même de garantir un vote massif en leur faveur. à ce titre, et en cause à cette réunification ressurgie au grand jour, le nouveau régime électoral prévoit une disposition pour le moins contraignante, surtout à l’égard des partis à faible ancrage électoral.
Du coup, dans le cas des islamistes, étant au demeurant en position de division, ils se sentent menacés par cette loi qui leur exige de satisfaire au moins une condition sur trois prévues à la validation des listes de candidature.
Il s’agit pour les partis, soit d’avoir au moins 4% des suffrages recueillis lors des élections précédentes, de disposer d’un minimum de 10 élus au niveau de la circonscription électorale concernée par le postulant ou bien de se faire parrainer au moyen d’au moins 250 signatures. Pour cette dernière exigence, elle concerne les formations politiques se présentant pour la première fois aux élections et les indépendants. Dans ce cas de figure, le recours de cette poignée de formations islamistes au mode des alliances relève d’une décision, il est vrai stratégique, mais surtout salutaire en prévision des législatives, prévues dans moins de cinq mois. C’est ce qu’a démontré d’ailleurs la désormais ex-AAV, qui, à la faveur de la confédération du MSP (Mouvement pour la société et la paix), D’El Islah (Mouvement pour la réforme nationale) et cette même Ennahda, s’est propulsée au rang de troisième force électorale au sein de l’Assemblée nationale en 2012. Un statut conforté grâce à ses 47 sièges acquis pour la septième législature. Une occasion donc pour le conglomérat composé par Djaballah et ses affidés de tracer une stratégie commune à l’effet de rafler la mise et jouir davantage de poids au sein de la deuxième chambre parlementaire. Le même objectif motive le MSP et le FC qui visent les premiers rôles aux côtés du courant de l’opposition même si les deux forces que sont le FLN et le RND restent indétrônables. Même si, la conjoncture actuelle n’est pas la même que celle prévalant en 2012, avec cette entrée en force pour le moins surprenante de nombreux partis parmi l’opposition.
Une reconfiguration de l’échiquier politique caractérisée par des repositionnements et parfois même de volt-face et autres ambitions étroites, qui ne vont certainement pas faciliter la tâche aux islamistes pour décider de telle ou telle stratégie à adopter dans ces conditions. Le parti de Mokri, en effet, a décidé de se joindre à son alter égo du FC pour faire cause commune après s’être montré réticent à l’idée d’opter pour une telle démarche. Selon les deux partenaires, en plus de l’objectif électoral, cette alliance se veut une réhabilitation du Hamas historique, tel que fondé par le défunt Mahfoud Nahnah.
Farid Guellil