« Ouach idir el-miyate fi yide ghassalou », cette expression, bien de chez nous, reflète, on ne peut mieux, l’emprise de la bureaucratie sur la majorité de nos agriculteurs. Ils sont plus doués pour les problèmes liés à la terre, depuis les labours-semailles jusqu’aux récoltes en passant par l’irrigation. Ils n’ont ni le temps ni les capacités d’échapper aux labyrinthes imposés par la bureaucratie. Ce qui explique l’insistance du Chef de l’État « sur l’importance du travail de terrain et la nécessité d’en finir immédiatement avec la bureaucratie dans le secteur de l’Agriculture où elle semble profondément enracinée » comme mentionné sur le communiqué publié à l’issue du Conseil des ministres de lundi dernier. Cette fois, les travaux ont concerné « la prise en charge de la location de différents engins agricoles dédiés aux labours, à la moisson et aux diverses prestations agricoles ». Sur cet aspect de l’accompagnement assuré aux agriculteurs, le Conseil des ministres a décidé « L’installation de coopératives agricoles relevant du groupe AGRODIV…, (à mettre) au service des agriculteurs sur l’ensemble du territoire national afin d’augmenter le rendement de la production agricole ». Pour cela, il faut commencer par le commencement. C’est-à-dire « l’élaboration, de toute urgence, d’une loi encadrant et organisant ces coopératives ». Le président Tebboune a chargé, de cette mission, le Premier ministre, Sifi Ghrieb. Tout en insistant « sur la nécessité d’installer ces coopératives avant la fin du mois de mars prochain, en raison du lancement précoce de la saison de moisson dans certaines régions d’Algérie, notamment dans le Sud ». Un délai qui paraît court mais justifié. D’une part parce qu’il s’agit, en quelque sorte, de « puiser » ce qui peut l’être, des anciennes structures CAPCS et COFEL créées dans les années 70 lors de l’économie centralisée et que la restructuration en 1982 a remplacé par les EAI et EAC. D’autre part, tenir compte, également, des dispositions de la loi 08-16 du 3 août 2008 portant orientation agricole. De plus, le président de la République a, au cours de ce même conseil des ministres de lundi dernier, donné des instructions pour que « l’acquisition du matériel agricole doit se faire par le groupe AGRODIV auprès des fabricants locaux qualifiés et affichant une disponibilité pour ce type de matériel ». En effet, il faut rappeler que l’usine de Tizi-Ouzou produit, à elle seule, 5000 tracteurs/an. Auxquels s’ajoutent les productions des moissonneuses-batteuses de Aïn-Defla, Guelma et Sidi-Bel-Abbès relevant des sociétés « PMA » et « CMA ». Logiquement le délai du mois de mars prochain devrait suffire et le recours à l’importation exclu. Ceci étant, les coopératives agricoles devraient également accompagner nos agriculteurs dans les autres activités liées à l’exploitation. Comme la digitalisation de la gestion, les relations avec les banques, les assurances, le fisc,… etc. pour sortir l’agriculture et les agriculteurs des griffes de la bureaucratie qui les enserre !
Zouhir Mebarki








































