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Convoitises et aboiements

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L’Algérie s’apprête à vivre un jour historique. La wilaya de Béchar témoignera, aujourd’hui, d’un événement qui fera date. Il s’agit de la mise en service officielle du gisement de Gara Djebilet. Et, de deux, du transfert des premières cargaisons de minerai de fer extrait via la ligne ferroviaire Ouest. Le mégaprojet était rêvé sous Houari Boumediene et il s’est réalisé sous Abdelmadjid Tebboune. C’est dire l’importance multidimensionnelle de la mine de Tindouf pour l’État algérien. Dimension géopolitique, parce que la ligne ferroviaire reliant Béchar, Beni-Abbès, Tindouf et Gara Djebilet, sur une distance de 950 km, va créer un bouleversement majeur avec une ouverture de tout le sud-ouest algérien sur l’Afrique subsaharienne dans le cadre de l’intégration africaine (ZLECAf). Stratégique, parce que le mégaprojet garantira une autonomie en matière de minerai de fer avec l’alimentation de l’industrie sidérurgique nationale. Notamment, la sécurisation des approvisionnements des complexes de Bellara, Tosyali et Sider El Hadjar. Économique, parce que Gara Djebilet est un levier de croissance important dans le cadre de la diversification hors hydrocarbures. Le potentiel est énormissime. Les réserves sont d’environ 3,5 milliards de tonnes de fer brut. Près de 1,7 milliard de tonnes du volume sont commercialement exploitables. Les rentrées en devises ne sont pas négligeables avec une économie estimée à plus de 60 millions de dollars par an. La dimension sociale, c’est parce que l’impact sur les emplois est important avec 5 000 emplois directs et 20 000 autres indirects prévus. C’est pourquoi Gara Djebilet dérange ! Le plus grand projet minier de l’Algérie indépendante continue à faire grincer des dents. En parlant de la mine de Tindouf, les convoitises des voisins se confondent avec les aboiements des autres. Les premiers, pour avoir perdu la « guerre des sables » déclarée à l’Algérie en 1963. Les seconds, constatant que leurs intérêts sont partis en fumée, mettent les bâtons dans les roues de l’Algérie pour l’empêcher d’émerger. Rongé par la jalousie maladive depuis que l’Algérie a mis le projet sur les rails, le Makhzen nous a fait sortir l’histoire fantaisiste des frontières. Le feuilleton de l’agent « B. S. » qui a réinventé « l’Algérie de papa » et faisait le promoteur zélé des ambitions expansionnistes du Maroc, en est la parfaite illustration. Ou encore la manœuvre autour de l’accord de 1972 sur la création d’une joint-venture en vue d’une exploitation de cette mine. Le Makhzen a vraiment tout essayé ! Mais avec le début de l’extraction du minerai de fer du gisement de Gara Djebilet et son acheminement via la ligne ferroviaire minière Ouest, il est fort à parier que les illusions des uns et les manœuvres malsaines des autres finiraient par s’estomper. La caravane passe… !

Farid Guellil

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