Constantine 2015 : «La symphonie de Constantine» subjugue et titille la nostalgie du public

La pièce  »La symphonie de Constantine » de l’association El Belliri, dont la Générale a été présentée mercredi soir au Théâtre régional de Constantine (TRC), a subjugué le nombreux public présent autant qu’elle a  »titillé » sa nostalgie. L’œuvre, mise en scène par Wahid Achour, a offert un voyage fabuleux à travers les rues et les venelles étroites de l’antique Cirta, s’attardant sur les traditions et les légendes qui ont de tout temps jalonné le cheminement de la ville.
Tirée d’un texte de Chafika Loucif,  »La symphonie de Constantine » se décline en tableaux indépendants de scènes de vie tantôt comiques, par moments loufoques, quelquefois tragiques, aussi, mais toujours poétiques, ce qui n’a pas manqué de faire frétiller de plaisir l’assistance. Au cœur de la vieille ville, de la rue Esseida, à Zenkat Laamamra, en passant par Sabatt El Boucheibi, Sidi B’zar, la placette Sidi Abdelmoumen, pour remonter ensuite jusqu’à Ech-Chatt, les onze comédiens distribués dans ce spectacle relatent avec emphase des faits et des histoires truffés d’expressions populaires, d’adages et de proverbes typiquement constantinois. Sur une scène  »nue », avec seulement un rideau d’arrière-scène représentant un rocher de Constantine, le spectacle s’ouvre sur une Dakhla de Aïssaoua.
Des voix profondes et envoûtantes louent le Créateur sur fond de bendir et de tar, tandis que la  »foule », dont des femmes en M’laya, est plongée dans une sorte de transe ponctuée de youyous. Le décor change rapidement et le spectateur se retrouve au cœur de l’histoire de Redah, la belle des belles, qui se plaît à martyriser ses soupirants. Entre l’homme qui sollicite un charlatan dans l’espoir de conquérir le cœur de sa belle, celui qui déclare sa flamme dans des lettres poétiques et le galant qui chante sa sérénade devant la porte du palais où vit sa bien-aimée, la belle Redah continue de repousser le florilège de ses admirateurs, ne voit pas le temps passer et finit par se retrouver seule.
Entre ombre et lumière, apparaissent ensuite trois femmes, dans la cour de leur maison, par une nuit éclairée par le rayonnement de la pleine lune. Elles récitent des poèmes, parlent d’amour, évoquent leurs désirs secrets au cours d’une  »boqala », l’autre plonge la main dans une tassa (récipient en cuivre) pour en retirer un bijou avec l’espoir que le contenu dans le poème s’appliquera à une d’elle, dans un jeu de boqala, qui ornait jadis les belles Gâada constantinoises. Arrive ensuite le tableau du  »Chora », le trousseau de la mariée. Dans une ambiance des plus festives, les magnifiques toilettes de la mariée, placées dans des valises avec ses beaux ustensiles en cuivre, sont acheminés vers sa nouvelle demeure sous des youyous stridents et le chant répété des femmes pour bénir et protéger la mariée, comme cela se pratiquait autrefois.  »La symphonie de Constantine » joue son dernier morceau avec une Hadra Aïssaoua mêlant la musique et le chant à la spiritualité, au  »tahoual » (transe) dans une atmosphère  »enivrante ». Héritage artistique authentique de la ville des Ponts.

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