Une nouvelle escalade a été enregistrée hier dans les territoires palestiniens occupés. Le ministre sioniste de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a mené une incursion dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa, tandis que les forces d’occupation ont lancé une vaste campagne de raids et d’arrestations en Cisjordanie et à El Qods, faisant plusieurs blessés. Tôt dans la matinée, Ben Gvir a pénétré dans les esplanades de la mosquée Al-Aqsa par la porte des Maghrébins, sous une protection renforcée des forces d’occupation. Cette action s’inscrit dans une politique d’escalade visant les lieux saints islamiques de la ville occupée. Accompagné de colons et de militants de groupes dits « du Temple », le ministre a participé à des rituels talmudiques à proximité du Dôme du Rocher, avant de quitter les lieux par la porte de la Chaîne. Selon le Département des waqfs islamiques, il s’agit de sa 156ᵉ incursion depuis sa prise de fonctions en 2023. Cette opération coïncide avec l’entrée en vigueur d’une décision des autorités d’occupation visant à prolonger les heures d’incursion dans la mosquée, désormais étendues de 6h30 à 11h30, avec une période supplémentaire en soirée, portant le total quotidien à environ six heures et demie. Ces incursions interviennent après l’évacuation des fidèles palestiniens à l’issue de la prière de l’aube. Les autorités locales palestiniennes ont dénoncé une escalade dangereuse portant atteinte au statut historique et juridique de la mosquée Al-Aqsa. Elles y voient une tentative d’imposer un « partage temporel » complet du site, une politique progressive amorcée depuis 2003 afin de renforcer le contrôle de l’occupation. Cette nouvelle tension survient quelques jours seulement après la réouverture de la mosquée, restée fermée pendant 40 jours, dans un climat déjà marqué par de fortes provocations de la part de colons israéliens soutenus par les forces d’occupation.
Blessés et arrestations dans des raids aériens
Sur le terrain, la situation s’est également fortement détériorée en Cisjordanie occupée. Le Croissant-Rouge palestinien a signalé plusieurs blessés par balles, notamment à Al-Dhahiriya, au sud d’Al-Khalil, ainsi qu’à Naplouse où un adolescent de 14 ans a été touché à la cuisse et un homme de 39 ans blessé à la tête. Des affrontements ont éclaté dans plusieurs localités, notamment à Birzeit et dans le camp de Dheisheh à Bethléem, où les forces spéciales ont tiré des balles réelles et des grenades lacrymogènes vers des habitations, provoquant des cas d’asphyxie et l’arrestation de plusieurs Palestiniens. Les forces d’occupation ont mené à l’aube une campagne de perquisitions à grande échelle dans différentes régions de Cisjordanie occupée, accompagnée de destructions de biens et d’interrogatoires sur le terrain. Des arrestations ont été signalées dans plusieurs villes, dont Naplouse, Jénine, Tulkarem et Ariha. Dans le cadre de cette escalade, des barrages militaires ont été installés, provoquant d’importants embouteillages, notamment dans la région de Ramallah. Ces mesures s’inscrivent dans une politique plus large visant à fragmenter le territoire palestinien, avec près de 1 000 checkpoints et portes militaires isolant les villes et villages. Parallèlement, des colons ont installé une tente sur des terres agricoles palestiniennes dans la région de Masafer Yatta, au sud d’Al-Khalil.
Réactions palestiniennes et mises en garde
Le mouvement de résistance palestiniens a dénoncé une « profanation » de la mosquée Al-Aqsa et une provocation envers les musulmans du monde entier. Il a affirmé que ces incursions traduisent la volonté du gouvernement israélien de poursuivre ses projets de judaïsation, tout en appelant les Palestiniens à se mobiliser pour défendre le site. De son côté, le président du Conseil national palestinien, Rouhi Fattouh, a qualifié ces actions de « provocation dangereuse » susceptible d’alimenter la violence, dénonçant une politique systématique d’incitation et de violations du droit international. Il a également mis en garde contre les appels croissants à imposer un partage spatial et temporel du site, ainsi que contre les attaques visant les lieux saints chrétiens, notamment lors des célébrations de Pâques, qu’il considère comme une atteinte au tissu religieux et historique de la ville. Au total, au moins sept Palestiniens ont été blessés et des dizaines arrêtés lors de cette journée marquée par une intensification des opérations militaires et des incursions dans les lieux saints. Cette escalade s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes sur le terrain, alimentées par des politiques sécuritaires renforcées et des décisions controversées, notamment l’approbation récente de nouveaux projets de colonisation en Cisjordanie. Face à cette situation, les responsables palestiniens appellent la communauté internationale à intervenir pour mettre fin aux violations et protéger les lieux saints, avertissant d’un risque réel d’embrasement régional.
M. S.














































