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Cinéma : «l’Andalou» en avant- première

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La fiction historique «L’Andalou», du réalisateur Mohamed Chouikh, relatant le périple de familles fuyant Grenade (Espagne) après sa chute pour s’intégrer dans la société de Tlemcen et vivre la reconquista espagnole et l’arrivée en Algérie des frères Barberousse, a été présentée, jeudi à Alger, en avant-première.  D’une durée de 135 mn, cette fiction, coproduite par Acima film et l’Office national pour la culture et l’information (Onci), se focalise sur le périple de Salim (Mohamed Benbakerti), secrétaire particulier de la reine Aïcha (Bahia Rachedi) la mère du roi Boabdil de Grenade qui refuse de suivre la famille royale qui s’est exilée au Maroc pour se réfugier à Tlemcen avec sa famille et celle de son ami, un tailleur juif. Le périple de ces familles, qui commence en 1492 à la chute de Grenade, se déroule en majorité dans l’ouest algérien où Salim est engagé dès son arrivée comme secrétaire particulier de princesses, filles de l’émir Hamid El Abd (Hassan Kechach) de la région de Mostaganem.
La reconquista espagnole rattrape les familles Grenade moins de vingt ans plus tard quand les Espagnoles débarquent à Oran puis à Béjaïa avant de bâtir la forteresse du Penon à Alger, Salim  se retrouve mandaté pour négocier avec les Espagnoles. Quelques années plus tard, les frères Barberousse venus en renfort libérer Béjaïa puis Alger sont également perçus comme des ennemis après la chute du trône d’Alger au profit de Aâroudj et l’émir tente de s’allier aux Espagnoles ainsi qu’au sultan de Fès contre les ottomans. Une histoire d’amour entre Salim et la princesse Mansourah (Malika Belbey) vient subitement s’ajouter à la trame de «L’Andalou» en plus des alliances avec Charles Quint, roi d’Espagne, et le prince Yahia fils de Salem Bentoumi souverain d’Alger assassiné par Aâroudj.Des événements difficilement compréhensibles viennent également s’ajouter à cette fiction comme un séjour en prison de Salim qui oblige l’émir à se soumettre à Kheireddine Barberousse, un voyage à Fès où Salim retrouve la reine Aïcha où le retour de Maria Rodriguez, mère de Salim, à Malaga.Ce film reste le premier long métrage à s’intéresser à cette époque et cet aspect de l’histoire de l’Algérie avec autant de sérieux dans la recherche, mais «L’Andalou» se limite néanmoins à une juxtaposition de faits et événements historiques ne servant pas toujours la trame un peu faible de la fiction qui se base sur le périple d’une famille. Même si le scénariste et réalisateur Mohamed Chouikh a effectué un travail de recherche intéressant, tant sur la chute de Grenade et l’exil de ses habitants que sur les conflits qui minaient l’Algérie à cette époque, le film renseigne peu sur les personnages, ce qui laisse un grand flou chez les spectateurs. D’un point de vue technique, le réalisateur a usé et abusé des plans serrés sur les acteurs, dont la direction était parfois approximative, souvent confinés dans des décors de palais mauresques, ne renseignant pas forcement sur l’époque,  transformant cette fiction en narration directe. Les reconstitutions de quelques batailles ou cérémonies d’époque n’était «pas crédible» aux yeux des spectateurs, tout comme l’était la langue des dialogues, en arabe littéraire, jugée trop académique et «ne tenant pas compte des particularités linguistiques du Maghreb». Attendu depuis près de neuf ans, «L’Andalou», qui a également connu la participation de coproducteurs espagnols et tunisiens, sera projeté en salle pour le grand public du 14 au 31 mars.

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