The UN envoy to the Western Sahara Christopher Ross attends a meeting with his Moroccan counterpart Saad-Eddine El Othmani in Rabat

CHRISTOPHER ROSS SUR LE PROCESSUS DE DÉCOLONISATION DU SAHARA OCCIDENTAL : Rabat et Paris derrière le blocage

L’ancien envoyé spécial du SG de l’ONU pour le Sahara occidental , de 2009 à 2017, Christopher Ross a fait savoir dans un écrit sur son compte Facebook  que deux éléments sont à l’origine du blocage des négociations sous l’égide de l’ONU, entre le Maroc et le Front Polisario pour le règlement de la question du Sahara occidental, selon le droit International.

Le diplomate américain Christopher Ross, affirme, lui qui a supervisé de 2009 à 2017 des négociations entre les parties précitées, que « le Maroc a court-circuité ces négociations en tentant d’imposer en vain sa proposition d’autonomie comme seul point à l’ordre du jour » et que le rôle de Paris dans son soutien au Maroc, est l’obstacle à tout effort pour imposer à Rabat le respect de la légalité internationale, les résolutions et les orientations du Conseil de sécurité. Il a écrit, à ce propos que « l’attachement de la France à la stabilité marocaine l’oblige à empêcher tout effort sérieux de mise en cause du Maroc pour son non-respect des orientations du Conseil de sécurité » affirme le responsable américain, dans sa réponse à une lettre adressée par les sénateurs, démocrates et républicains, au secrétaire d’État Antony Blinken, lui demandant instamment d’œuvrer pour inclure la surveillance des droits de l’Homme dans le mandat de la mission de l’ONU pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso). Le contenu de la réponse du deuxième américain nommé au poste d’envoyé spécial du SG de l’ONU pour le Sahara occidental, après plus de dix ans d’un autre américain, en l’occurrence James Baker a mis à nu non seulement les tergiversations du Maroc pour faire perdurer son occupation des territoires sahraouis, mais aussi le rôle de Paris. Dans sa réponse aux sénateurs américains plaidant en faveur de l’élargissement du Mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme, le diplomate américain Christopher Ross affirme que  « l’attachement de la France à la stabilité marocaine l’oblige à empêcher tout effort sérieux de mise en cause du Maroc pour son non-respect des orientations du Conseil de sécurité ». Il met à nu l’action de la France au Conseil de sécurité, favorisant ses relations et ses intérêts avec le Royaume marocain, au détriment de la Légalité internationale, consacrant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et de la surveillance des droits de l’Homme par la mission onusienne au Sahara occidental, laquelle faut-il le rappeler est la seule mission de l’ONU, parmi les nombreuses autres déployées dans le Monde, qui est privée de ce mécanisme. Ross qui a supervisé et conduit un processus de négociations de 2009 à 2017 avant qu’il jette l’éponge en raison des tergiversations du Maroc dont il fait part dans sa lettre et d’absence de volonté politique du Conseil de sécurité en stand bye par le jeu de certains de ses membres, principalement la France, vient d’affirmer ce que d’anciens responsables onusiens dont la Minurso, d’Ongs internationales, des responsables de pays membres de l’ONU, des juristes, des acteurs de la société civile, de par le Monde n’ont cessé d’affirmer et d’alerter sur les conséquences des postures de Rabat et de la France, en violation du Droit international et porteurs de risques sur la paix et la sécurité dans la région, et notamment dans le monde.
Rabat bloque l’élargissement du Mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme des Sahraouis des territoires occupés pour cacher la laideur du système colonial marocain
Le diplomate américain qui sa lettre sera sans nul doute prise en compte, par Stafan De Mistura, nouvel envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, qui sa mission diffère de celle de ses prédécesseurs, car elle intervient dans un contexte marqué par la reprise de la guerre entre l’Armée de libération du peuple sahraoui et l’armée de l’occupant marocain, suite à la violation , novembre 2020 , par Rabat du cessez-le- feu de 1991. Aussi dans sa réponse aux sénateurs américains, Christopher Ross affirme que le Maroc refuserait de se plier à la légalité internationale, relative à l’organisation du référendum au Sahara occidental, en raison dira-t-il « de ses craintes que le résultat soit l’indépendance. » Les craintes du Maroc faut-il le noter ne diffèrent pas de celles des anciennes puissances coloniales dans les autres régions du monde, dont en Afrique, mais que la Lutte des peuples colonisés et le respect de la légalité internationale dans les anciennes colonies ont fini par triompher. Il semblerait que Ross a averti que le Maroc semble décider à se placer comme Israël au-dessus des lois internationales contenues dans la charte de l’ONU. Pour Christopher Ross, ces aspects et d’autres approches façonnant les postures de Rabat, « font fi non seulement des recommandations de deux secrétaires généraux successifs de l’ONU sur la surveillance des droits de l’Homme » , mais aussi, a-t-il poursuivi « des appels répétés du Conseil de sécurité à des négociations sans conditions préalables ». Les déclarations de Ross mettent en échec les discours et la propagande de Rabat et de ses soutiens, en indiquant que « les rapports du secrétaire général de l’ONU au Conseil de sécurité ont toujours appelé à une surveillance indépendante soutenue des droits de l’Homme et le Maroc ne l’a pas fait, par une directive royale », précisant que « le Front Polisario était prêt à accepter une telle surveillance ». Expliquant pourquoi le Maroc « bloquerait » l’élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme, selon Christopher Ross « un tel Mandat donnerait » aux Sahraouis des territoires occupés, «  un moyen transparent d’informer le monde extérieur » de leurs points de vue, leur vécu sous un système politique injuste d’occupation, alors que le Maroc, ajoute le diplomate américain «  a fait tout son possible pour empêcher que sa revendication sur le territoire ne soit affaiblie », notamment faut-il le souligner par l’embargo politico-médiatique sur les territoires sahraouis encore sous occupation marocaine et son refus de la surveillance des droits de l’Homme par l’ONU, posture qui a été fortement soutenue par la France, au Conseil de sécurité. Et face au blocage du processus de règlement du conflit au Sahara occidental, l’ancien envoyé spécial du SG de l’ONU appelle le Conseil de sécurité à prendre « des mesures correctives », probablement en élargissant le mandat du nouvel envoyé personnel, Staffan de Mistura, « au-delà de la simple convocation de réunions et de navettes à la recherche de flexibilité » précise Ross, pour, dit-il, éviter « la même situation de blocage ». Le Conseil de sécurité est invité à faire preuve de respect de ses engagements et de la charte de l’ONU, par le règlement dudit conflit, par la traduction effective du Mandat pour lequel la Minurso a vu le jour, suite au cessez-le-feu de 1991., à savoir l’organisation du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui.
Karima Bennour