L’Algérie renoue avec un chapitre qu’elle connaissait par cœur mais qu’elle avait perdu de vue depuis trop longtemps. En se qualifiant pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, les Verts mettent fin à une disette de 2 372 jours sans présence à ce stade de la compétition.
Un chiffre lourd de sens, presque symbolique, qui ramène directement au 11 juillet 2019, date du dernier quart de finale disputé par les Fennecs, face à la Côte d’Ivoire, lors d’un tournoi qui s’était conclu par un sacre historique.
Depuis ce soir d’été au Caire, l’Algérie avait connu des désillusions, des éliminations précoces et des remises en question profondes. Sorties dès le premier tour en 2021 et 2023, perte progressive de son statut de référence continentale, l’équipe nationale semblait avoir rompu avec cette capacité à durer dans les grands tournois. La qualification obtenue, mardi soir, face au Congo (1-0 après prolongation) marque donc bien plus qu’un simple succès sportif : elle signe un retour à la résilience, à l’ADN compétitif qui a longtemps caractérisé les Verts.
Une qualification au forceps, fidèle à l’histoire récente
Le scénario n’a rien d’anodin. Une nouvelle fois, l’Algérie a dû passer par les prolongations pour s’ouvrir les portes d’un tour décisif. C’est la troisième fois consécutive que les Fennecs s’imposent dans un match à élimination directe après un combat qui se prolonge au-delà des 90 minutes.
En 2010, déjà, l’Algérie avait dû s’employer durant les prolongations pour venir à bout de la Côte d’Ivoire (3-2), dans un quart de finale resté célèbre pour son intensité dramatique. En 2019, rebelote face au même adversaire, avec cette fois une qualification arrachée lors de la séance des tirs au but (4-3), prélude à un parcours glorieux jusqu’au titre continental. En 2025, c’est face au Congo que les Verts ont renoué avec cette tradition des matchs longs, âpres, où la patience et la solidité mentale font la différence.
Le but inscrit en prolongation, unique mais décisif, symbolise cette capacité à frapper au moment où les organismes fatiguent et où les matchs basculent souvent sur un détail. L’Algérie n’a pas brillé par une domination écrasante, mais elle a fait preuve de maturité tactique, de rigueur défensive et d’une gestion émotionnelle qui lui avait fait défaut lors des précédentes éditions.
Un retour qui ravive les souvenirs de 2019
Difficile de ne pas établir un parallèle avec la CAN 2019. À l’époque, le quart de finale contre la Côte d’Ivoire avait marqué un tournant. L’Algérie y avait puisé une confiance nouvelle, transformant chaque match en une épreuve de caractère. Six ans plus tard, le contexte est différent, les visages ont changé, mais certains mécanismes semblent réapparaître : la capacité à souffrir, à attendre son moment, et à ne jamais rompre.
Ce quart de finale retrouvé représente également une réhabilitation symbolique pour une sélection qui a longtemps vécu sous le poids de son propre passé glorieux. En mettant fin à cette longue absence, les Verts se repositionnent parmi les nations capables de viser loin, sans pour autant se proclamer favorites.
Et maintenant, confirmer..
La qualification n’est qu’une étape. Elle ne gomme pas les difficultés rencontrées ces dernières années, mais elle offre une base solide pour reconstruire l’ambition. L’Algérie sait désormais qu’elle peut de nouveau rivaliser dans les matchs couperets, là où se forgent les grandes équipes.
Le prochain quart de finale sera un test majeur : confirmer ce retour, transformer cette victoire laborieuse en dynamique durable, et prouver que les 2 372 jours d’attente n’étaient pas une parenthèse, mais le prélude à un nouveau cycle.
Pour les supporters algériens, cette nuit de qualification a déjà une saveur particulière : celle d’un retour attendu, longtemps espéré, enfin concrétisé.
Hakim S.












































