ALORS QUE LE POIDS DES GRAVATS EST ESTIMÉ À 61 MILLIONS DE TONNES : Jusqu’à 10 000 personnes ensevelies à Ghaza

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Deux Palestiniens sont tombés en martyrs et deux autres ont été blessés, hier, dans un bombardement sioniste ayant visé la zone d’Al-Mawassi, à Rafah, dans le sud de la bande de Ghaza. Malgré l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, l’armée d’occupation sioniste poursuit ses bombardements, ses tirs et ses opérations de destruction dans plusieurs secteurs de l’enclave palestinienne, faisant de nouvelles victimes et aggravant les souffrances de la population.

Selon le correspondant du Centre palestinien d’information, les deux martyrs sont Ezzeddine Iyad Diab Barhoum, âgé de 22 ans, et Salah Eddine Iyad Abdelhamid Akl, 29 ans. Ils ont été tués lors d’un bombardement ayant ciblé une zone située à proximité de la mosquée Mouawiya, dans le secteur d’Al-Mawassi, à Rafah. Dans le même contexte, des véhicules militaires de l’occupation sioniste ont ouvert un feu nourri à l’est de la ville de Hamad, au nord de Khan Younès, tandis que des tirs intenses ont également été signalés dans les secteurs méridionaux de la ville. Des drones et des avions de reconnaissance sionistes ont, par ailleurs, survolé à basse altitude le ciel de Khan Younès, témoignant de la poursuite des violations sur le terrain dans différentes parties de la bande de Ghaza. Ces nouvelles attaques s’ajoutent à un bilan humain déjà lourd. Dans la soirée de dimanche, trois Palestiniens sont tombés en martyrs et six autres ont été blessés dans une frappe sioniste visant, durant la nuit, un point de recharge de téléphones portables dans le quartier d’Al-Bouraq, au sud de Khan Younès. Selon des sources locales, les victimes sont Abdelhamid Jadallah, Mohamed Ramzi Hajjaj et Youssef Abou Rizq. Plusieurs autres personnes ont été blessées à des degrés divers. Au nord de l’enclave, l’enfant Jihad Al-Ghandour, âgé de sept ans, a succombé à ses blessures subies la veille dans le camp de réfugiés de Jabalia, selon des sources médicales. Une femme palestinienne a également été blessée par balle dans le dos alors qu’elle se trouvait à l’intérieur de sa tente, dans la zone d’Al-Mawassi, à Khan Younès. Durant la nuit, l’armée d’occupation sioniste a en outre procédé à la destruction de maisons palestiniennes dans la rue de Bagdad, dans le quartier de Chajaya, à l’est de la ville de Ghaza, dans le cadre de ses opérations militaires continues.

Le bilan humain s’alourdit
Le bilan de l’agression sioniste contre la bande de Ghaza depuis le 7 octobre 2023 s’est élevé à 74 377 martyrs et 175 398 blessés, selon les derniers chiffres publiés par le ministère palestinien de la Santé à Ghaza. D’après le bilan médical communiqué, les hôpitaux de l’enclave ont accueilli, au cours des dernières 24 heures, sept martyrs et 28 blessés. Les incidents signalés sur le terrain font également état de cinq Palestiniens tombés en martyrs et de plusieurs autres blessés à la suite des violations de l’occupation sioniste. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 11 octobre 2025, le nombre de martyrs a atteint
1 488, tandis que celui des blessés s’élève à 5 281. Les équipes ont également récupéré les dépouilles de 836 martyrs durant cette période. Ces chiffres illustrent la persistance des pertes humaines malgré l’accord de cessez-le-feu, alors que les attaques et les opérations militaires sionistes continuent de frapper différentes zones de Ghaza.

Les chances d’identifier les martyrs s’amenuisent
Au-delà des bombardements et des destructions, la bande de Ghaza fait face à une autre tragédie : la difficulté croissante de retrouver les corps des disparus et d’établir leur identité. Le porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à El-Qods, Pat Griffiths, a alerté sur la diminution progressive des chances d’identification des martyrs, à mesure que des éléments essentiels disparaissent sous les décombres des bâtiments détruits.
Selon lui, la présence de munitions non explosées accroît les risques auxquels sont exposées les équipes chargées de récupérer les dépouilles. Les secouristes avancent à un rythme extrêmement lent, en retirant les débris centimètre par centimètre, dans des conditions qui compliquent considérablement l’accès aux corps et leur identification. Le responsable a également souligné que la destruction systématique des infrastructures médicales contraint les intervenants à recourir de plus en plus à des moyens rudimentaires pour identifier les martyrs. La dégradation des capacités médicales et techniques nécessaires à cette tâche réduit davantage les possibilités d’établir l’identité des victimes. Pour les familles des disparus, ces difficultés prolongent une attente douloureuse et incertaine. La récupération d’un corps ne garantit pas nécessairement son identification, notamment lorsque les indices ont été détruits et que les structures médicales chargées des examens et de la documentation ne disposent plus des moyens nécessaires. L’ampleur des destructions constitue un obstacle majeur aux opérations de recherche. Selon des estimations du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), publiées en septembre dernier, les décombres pourraient encore recouvrir entre 8 000 et 10 000 dépouilles.
Le volume total des gravats dans la bande de Ghaza est, quant à lui, estimé à environ 61 millions de tonnes. Le PNUD a indiqué coordonner ses efforts avec plusieurs partenaires, dont le Comité international de la Croix-Rouge, afin de localiser les restes humains et de leur accorder la priorité lors des opérations de déblaiement. L’objectif est de garantir une prise en charge digne des dépouilles et leur documentation, afin de permettre aux familles de connaître le sort de leurs proches.

Conserver les preuves des crimes avant le déblaiement
La récupération des corps ne relève pas uniquement d’une urgence humanitaire. Elle constitue également un enjeu majeur pour la préservation des preuves susceptibles de contribuer à l’établissement des responsabilités dans les crimes commis dans les territoires palestiniens occupés. Le 7 septembre dernier, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, avait averti que les opérations de déblaiement menées par l’occupation sioniste risquaient d’effacer des éléments de preuve liés à de possibles crimes graves et d’entraver la récupération des restes humains. Elle avait insisté sur la nécessité de recueillir les preuves médico-légales et d’identifier les dépouilles avant d’engager des opérations de déblaiement à grande échelle. Dans la bande de Ghaza, où les bombardements ont dévasté les infrastructures et enseveli des milliers de personnes, chaque jour supplémentaire complique ainsi le travail des équipes de secours et réduit les possibilités de retrouver les disparus. Derrière les chiffres et les tonnes de gravats, des familles continuent d’attendre des nouvelles de leurs proches, tandis que les secouristes tentent de les atteindre et que les éléments permettant de restituer aux victimes leur identité risquent de disparaître définitivement.
M. Seghilani