Palais du gouvernement

ALORS QUE LA RUE CONTINUE À REVENDIQUER LE DÉPART DU SYSTÈME ET de SES FIGURES : Dix candidatures « anonymes » à la Présidentielle prévue le 4 juillet

Bien que la pression de la rue continue à peser sur la scène politique, le pouvoir maintient le cap sur les élections prévues le 4 juillet prochain. En effet, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire a annoncé que dix postulants à la candidature au Palais d’El-Mouradia ont, d’ores et déjà, procédé au retrait des formulaires en attendant de lancer l’opération de collecte des signatures. Paradoxalement, le ministère de l’Intérieur n’a pas dévoilé l’identité des candidats à la candidature de la Présidentielle, aux Algériens en se contentant de préciser que le bilan provisoire a été arrêté au 14 avril 2019.
Également, le département de l’Intérieur a fait savoir que les concernés « ont pu bénéficier des quotas de formulaires de souscription, en application des dispositions légales en vigueur et l’opération se déroule dans de bonnes conditions ». Toutefois, contrairement à l’opération de retrait des formulaires effectuée pour les élections prévues initialement le 18 avril, le ministère de l’Intérieur semble préférer ne pas médiatiser l’opération cette fois-ci. En effet, les algériens ne connaissent même pas l’identité des postulants à la candidature suprême du pays. Certes, le peuple est décidé à boycotter ces élections en continuant à réclamer le départ des quatre B, mais il n’en demeure pas moins que l’opération de retrait des formulaires se déroule de manière « silencieuse ».
Depuis la convocation du corps électoral pour le 4 juillet par le chef de l’État intérimaire, Abdelkader Bensalah, tout porte à croire que ces échéances ne peuvent se tenir à temps, essentiellement après la démission, hier, du président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaïz. Ce n’est pas tout, puisque l’opération de la révision exceptionnelle des listes électorales est également boycottée dans plusieurs communes du pays. Outre les maires, les magistrats aussi ont pris la décision de bouder la supervision de la prochaine présidentielle annoncée pour le 4 juillet.
Une chose est sûre, les postulants auront jusqu’au samedi 25 mai à minuit pour déposer leurs dossiers. Ainsi, la liste peut s’élargir encore en attendant que le département de Salah-Eddine Dahmoun fournisse d’amples détails sur les candidats. Ceci étant, après que les Algériens ont eu droit à des candidats « insolites » à la présidentielle prévue initialement le 18 avril, et dont le nombre a été important, voilà que la donne a changé pour le rendez-vous fixé au 4 juillet.
Hélas, les Algériens ne connaissent absolument rien de ces postulants. Seront-ils acceptés par la rue ? Sont-ils en mesure d’assurer la transition ? Ou encore, ont-ils un parcours politique ? Autant de questions posées mais que le département de Salah-Eddine Dahmoun n’a pas jugé utile de le dévoiler.
De toute façon, dans ce contexte sensible où la rue refuse catégoriquement les propositions de la présidence de l’État, l’organisation d’une élection dans pareil contexte de crise devient presque une mission impossible.
Lamia Boufassa