L’insistance sur «l’importance de poursuivre les efforts pour renforcer l’action arabe commune», lors de la communication téléphonique entre le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ahmed Attaf et son homologue saoudien, le prince Fayçal Ben Farhan Ben Abdallah Al-Saoud, prend toute sa signification à la lumière des faits qui marquent le monde arabe en ce moment.
Le contexte est favorable, d’abord, aux prochaines échéances bilatérales pour «servir les objectifs communs dans les domaines politique et économique», selon la volonté des deux pays, comme l’a indiqué un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger. Les deux ministres ont exprimé « leur satisfaction quant à la grande convergence des positions des deux pays frères autour des principaux dossiers d’intérêt commun aux niveaux régional et international ». Dans l’interview accordée à la chaîne d’information qatarie « Al-Jazeera », le président Abdelmadjid Tebboune a précisé que les relations avec le royaume d’Arabie saoudite, remontaient à l’époque de la Révolution de libération nationale, saluant dans ce cadre la position de l’Arabie saoudite en faveur de la Révolution algérienne, et les positions honorables de feu le Roi Fayçal qui était, a-t-il dit, « l’un des plus grands dirigeants de la Nation » arabe. Les faits confirment que l’Arabie saoudite a opéré un changement très net dans sa politique extérieure. À un moment où le monde multipolaire commence à devenir une réalité, après quelque trois décennies de domination d’un seul pôle hégémonique, occidental, les observateurs ont noté que l’évolution de la situation dans la région du Moyen Orient va dans le sens contraire aux plans élaborés conjointement par les Etats-Unis et Israël surtout depuis que l’accord entre l’Iran et l’Arabie saoudite a détruit le projet américano-sioniste de faire de l’Iran un ennemi des pays du Golfe et de faire oublier que le seul pays qui se comporte comme ennemi est Israël. Plus personne de sérieux ne parle de la normalisation, «accords d’Abraham», avec l’entité sioniste. Cette démarche a atteint ses limites et s’écroule, provoquant sans doute une grande panique principalement au royaume de Mohamed VI. Mieux : les relations tendent à très rapidement s’améliorer et se normaliser entre la Syrie et, spécialement, les Émirats arabes unis, la Turquie, l’Arabie saoudite. Le site Al-Mayadeen a rapporté qu’une source au ministère saoudien des Affaires étrangères a révélé, dans une déclaration à la chaîne Al-Ekhbariya, jeudi soir, que des pourparlers ont commencé avec le ministère syrien des Affaires étrangères pour reprendre la fourniture des services consulaires. Des sources avaient révélé aussi au site russe d’information « Spoutnik », il y a quelques jours, que la médiation russo-émiratie avait permis de surmonter les obstacles auxquels sont confrontés les deux pays arabes, au milieu des rumeurs selon lesquelles le consulat saoudien à Damas serait ouvert après l’Aïd El-Fitr. Selon Al-Mayadeen, des sources médiatiques ont rapporté que la Syrie et l’Arabie saoudite avaient convenu, hier, de rouvrir les ambassades des deux pays, quelques jours après l’ouverture du consulat saoudien à Damas. Cela signifie que l’Arabie Saoudite, qui se verra confier la présidence du sommet arabe par l’Algérie lors des travaux du prochain sommet à Ryadh, facilitera le retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe. Comme le voulait Alger. L’Algérie et l’Arabie saoudite ont déjà des positions convergentes, voire identiques, au sein de l’OPEC+ qui subit, vainement, les pressions des États-Unis qui veulent imposer aux pays producteurs de pétrole des décisions visant à nuire aux intérêts de la Russie. Alger et Ryadh coopèrent également au sein de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) dont le secrétariat général-en réaction aux déclarations d’un ministre de l’entité sioniste- vient d’exprimer son soutien absolu à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Jordanie et, en même temps, a réitéré sa position permanente aux côtés du peuple palestinien et sa juste lutte pour rétablir tous ses droits légitimes.
M’hamed Rebah