Un collectif d’activistes, « Monitor Lange Arm Rabat » a alerté la Chambre néerlandaise des représentants sur l’espionnage et l’intimidation pratiquées à grande échelle par le Maroc aux Pays-Bas.
Cela renseigne sur la nature du Makhzen dont les mains resteront à jamais tachées par le sang de l’opposant marocain Ben Barka, dont la dépouille n’a jamais été retrouvée. L’enquête ouverte en France à la suite de sa disparition a été mystérieusement bloquée quand des indices probants avaient mis en cause l’ex-SDECE (DGSE actuellement) française. « Des enquêtes menées par des médias néerlandais ont mis en lumière l’existence d’un réseau de surveillance visant les opposants marocains réfugiés en Europe, en particulier aux Pays-Bas et en Allemagne. Ces révélations ont provoqué un véritable choc dans les milieux politiques et médiatiques européens. Plusieurs observateurs n’hésitant pas à dénoncer une stratégie d’ingérence et d’intimidation menées par les autorités marocaines. Il est désormais établi que le régime marocain a mobilisé ses services de renseignement pour infiltrer les communautés marocaines en Europe. Les agents auraient cherché à surveiller les militants des droits humains, à intimider leurs familles et à utiliser des technologies d’écoute sophistiquées, fournies par l’entité sioniste, afin de collecter des informations sensibles. Les consulats et l’ambassade du Maroc sont accusés de jouer un rôle central dans la coordination de ces opérations, renforçant ainsi l’impression d’une ingérence organisée et systématique », indique le site d’information « De Kanttekening » qui a publié une lettre du collectif. Selon ce groupe, Rabat recourt à l’instrumentalisation de la religion, au financement d’organisations locales et au soutien de personnalités influentes d’origine marocaine pour renforcer son emprise. Le recrutement de jeunes athlètes pour les équipes nationales marocaines et l’envoi d’imams d’État pendant le Ramadhan sont cités comme des exemples concrets de cette politique d’ingérence. Les médias néerlandais ont également mis en lumière l’ampleur des réseaux d’espionnage marocains ainsi que l’étendue des dispositifs d’influence déployés par Rabat. Ils ont révélé l’implication du Makhzen dans des pratiques de répression, de chantage et de surveillance visant les opposants marocains et les défenseurs des droits humains ». Il faut rappeler dans le cadre des Pays bas, que le réseau de la Mocro-mafia, dirigé par Ridouan Taghi et sa fratrie avait été cité, dans plusieurs enquêtes comme l’homme de main du Makhzen qui s’est servi de ses « fiers à bras », pour intimider des militants du Rif et leurs familles, des activistes sahraouis et même des opposants à son hégémonie. Les enquêtes sur les affaires d’espionnage via le logiciel espion Pegasus, ouvertes en Espagne, en Belgique et en France, et même si elles n’ont pas encore révélé tous leurs secrets, s’accordent toutes à mettre en cause le Maroc et le Makhzen qui est cité dans tous les rapports. Par ailleurs, ces enquêtes montrent comment, sous les directives directes du Makhzen, les représentations consulaires marocaines en Europe ont été transformées en véritables instruments de propagande et d’influence. Leur objectif : exercer des pressions sur les citoyens, aux Pays-Bas comme ailleurs en Europe, afin de les dissuader de critiquer le régime marocain. D’après les médias néerlandais, des agents marocains ont été mandatés pour collecter des informations sur les opposants installés aux Pays-Bas ainsi que sur les militants des droits humains. « Ils ont également reçu pour mission de mettre en œuvre des actions et de proférer des menaces destinées à réduire ces voix critiques au silence. Ce scandale d’espionnage révèle, selon les médias néerlandais, un « bras long du Maroc » qui agit comme une ombre persistante sur les communautés marocaines d’Europe. Derrière le discours officiel marocains de coopération et de diaspora, se dessine une politique de surveillance et de contrôle qui fragilise les gouvernements européens en place ». L’histoire du Makhzen avec ces pratiques n’est pas nouvelle. Il y a quelques mois, Hicham Jerando, un Youtubeur marocain résidant au Canada, connu pour ses critiques virulentes du pouvoir marocain a été condamné par contumace, mai 2025, par la cour d’appel de Rabat à 15 ans de prison pour des accusations graves parmi lesquelles l’incitation au terrorisme, et la diffamation. N’ayant pas pu le faire taire, le Makhzen a arrêté et poursuivi des membres de sa famille pour l’accusation de soutien à ses activités via l’achat de cartes SIM et la gestion de ses comptes sur les réseaux sociaux. Sa nièce, une mineure a même été emprisonné, selon des sources médiatiques. Dounia Filali et son époux, des opposants marocains qui ont le statut de réfugiés politiques en république de Chine, conformément à une ordonnance du Haut Commissariat de l’ONU, font face à moult pression du Makhzen et ses relais. Aujourd’hui installé en Europe, le couple, considéré comme l’ennemi public numéro un, fait face aux intimidations du Makhzen. Dounia et son mari sont contraints à des déplacements fréquents pour éviter d’être repérés et éliminés par les barbouzes de Hammouchi. Un activiste dira à ce propos : « la DGST (Direction générale de la sûreté du territoire, plus connue sous son ténébreux nom de DST) et la DGED (Direction générale des études et de la documentation), se mettent en marche pour soit vous obliger à vous aligner sur les thèses officielles, soit, en cas de refus, vous broyer. On en a vu quelques exemples ces dernières années avec les cas de l’historien Maâti Monjib et ceux des journalistes Taoufik Bouachrine, Omar Radi, Soulaïman Raïssouni et Imad Stitou, et Ali lamrabet. Tous condamnés à des peines de prison après des procès kafkaïens et truffés d’irrégularités flagrantes. Ces figures de l’opposition marocaine avaient toutes dénoncé des tentatives d’intimidation, d’enlèvement, d’assassinat dans des capitales européennes. Mais le cas qui semble agiter les nuits de Hamouchi est celui de l’officier de police Mehdi Hijaoui, ex-haut responsable des renseignements extérieurs poussé à l’exil à la suite d’un conflit avec sa hiérarchie. Ses proches et même ses anciens collaborateurs font aujourd’hui l’objet d’espionnage et de surveillance de la part des réseaux du Makhzen qui ne se prive pas de fouler aux pieds les us et coutumes diplomatiques pour utiliser ses ambassades et ses consulats en Europe comme officines et chambres opérationnelles de vaste opération d’espionnage des opposants de sa diaspora.
Slimane B.








































