En mai dernier, trois adolescents de la ville d’Aïn-Témouchent sont allés se baigner dans une petite retenue d’eau réalisée par un exploitant agricole, à Chaâbet El- Lehem et destinée pour l’irrigation d’un verger viticole et arboricole. Ce jour-là, un vendredi, il faisait très chaud et le mercure dépassait les 38°C. C’était une journée exceptionnelle durant laquelle la météo et les médias avaient mis en garde la population contre les coups de soleil. Et les conseils présentés indiquaient qu’il est recommandé de ne pas laisser les enfants et les personnes âgées sortir de 11 heures à 16heures. Vers le tard on a appris ce qu’il ne fallait pas écouter : deux adolescents ont péri noyés, alors que le troisième a été sauvé in extrémis. Ces derniers jours, alors que la canicule perdure toujours avec des pics dépassant 40°C, une personne a été portée disparue. Voulant se baigner dans l’oued Tafna (un cours d’eau qui a pour embouchure la plage de Rechgoun, dans la daïra d’Oulhaça -wilaya Aïn- Témouchent), ce dernier a été emporté par les eaux, croit-on savoir. Nonobstant les recherches effectuées par les riverains et la Protection civile, les chances de le retrouver sont minimes. Et il est fort possible que le malheureux soit englouti dans les fonds boueux de l’oued. Cette hypothèse demeure la piste la plus plausible. Il faut attendre que le niveau de l’eau diminue pour poursuivent les recherches, selon des témoins. L’heure est à la vigilance. Et pouvoir surveiller tous les points d’eau (barrages, petits barrages, retenues collinaires, oueds, rivières…) est une tâche assez complexe et difficile à mener même en déployant d’autres moyens. Ce qui est convenu de faire présentement est de mener une campagne de sensibilisation à l’endroit des riverains desdits points d’eau. Le représentant de la direction des ressources en eau de la wilaya d’Aïn-Témouchent, invité à donner des explications, n’avait pas de croguette magique pour dicter ce qu’il faut entreprendre mais d’après lui, le seul moyen est de multiplier des campagnes de sensibilisation. À commencer par placer des pancartes d’interdiction de baignade au niveau desdits points d’eau. Les syndicats d’irrigants qui gèrent les barrages et petits barrages, les propriétaires de bâches à eau, les directions des ressources en eau de Tlemcen et d’Aïn Temouchent, les services de l’ANRH- Oran, constituent l’environnement idéal en mesure de mener une campagne de sensibilisation à l’endroit des populations. À Hammam Bou-Hadjar, le petit Vichy qui dispose d’une petite diguette d’accumulation des eaux thermales en provenance de la cascade, présente également un danger. Il faut voir comment ce point d’eau est pris d’assaut par des enfants, tous âges confondus, durant toute la journée et jusqu’au crépuscule. Fort heureusement, la profondeur d’eau ne dépasse pas un mètre. À travers les exemples qu’on vient de citer, il est recommandé à ce que les élus locaux de la ville des thermes et d’autres communes prennent des initiatives pour réaliser des piscines pour enfants et adultes. Ceci n’est plus une chose facultative mais devient une nécessité à double fin. Tout d’abord pour minimiser les dangers et les risques de noyade dans les oueds et les retenues d’eau et ensuite une manière de créer des sections de natation à travers les communes, un sport qui nécessite une prise en charge effective par le secteur de la jeunesse et des sports.
Boualem Belhadri