SAHARA OCCIDENTAL : Le droit à l’autodétermination réaffirmé 

0

La session du Conseil de sécurité consacrée au Sahara occidental a été l’occasion, une fois de plus, pour l’Algérie, de réaffirmer sa position en faveur d’une solution qui rendra justice au peuple sahraoui, qui permettra la réalisation de ses droits, en particulier le droit à l’autodétermination.

Cette position est fondée sur les constantes de l’Algérie qui avait été rappelée en octobre dernier à l’occasion de la journée nationale de la diplomatie algérienne. En effet, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, avait réaffirmé, à cette occasion, les positions historiques de l’Algérie en faveur des causes justes, soulignant qu’il est impossible de bâtir un système international plus juste sans rendre justice aux peuples opprimés et aux peuples aspirant à réaliser leurs espoirs.

Le peuple sahraoui est dans ce cas. La position de l’Algérie découle de son attachement à la Résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale des Nations unies qui a été adoptée le 14 décembre 1960, à la suite des manifestations historiques du peuple algérien le 11 décembre 1960 pour réclamer l’indépendance et apporter son appui aux moudjahidine qui combattaient les armes à la main pour réaliser cet objectif. Pour rappel, cette résolution connue sous le nom de « Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux», constitue le texte fondateur du droit international en matière de décolonisation. 

Elle avait été adoptée par 89 voix pour, 0 contre, et 9 abstentions (Australie, Belgique, Espagne, États-Unis, France, Portugal, République dominicaine, Royaume-Uni, Union d’Afrique du Sud-régime d’apartheid ).

Elle a mené à la création en 1961 du Comité spécial de la décolonisation (dit Comité des 24) de l’ONU. C’est conformément à cette Résolution que le Sahara occidental, territoire non autonome inscrit comme tel par les Nations unies en 1963, avait fait l’objet, en 1991, d’un plan de règlement qui prévoyait de permettre au peuple sahraoui d’exprimer son droit à l’autodétermination et à l’indépendance. Depuis, le peuple sahraoui attend de l’ONU et de son Conseil de sécurité qu’ils assument leurs responsabilités et mettent en œuvre leurs propres décisions concernant ce territoire, par l’organisation d’un référendum d’autodétermination, conformément à la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux.

Cette résolution contient les modalités et voies juridiques qui permettent au Sahara occidental sous occupation coloniale marocaine d’accéder à la souveraineté. Tous les observateurs honnêtes sont convaincus que c’est la seule voie pour éviter le conflit armé, tout en réparant une injustice en mettant fin à l’oppression, ce qui ouvrira au peuple sahraoui la perspective d’une vie, comme celle des autres peuples, dans la paix et la prospérité.

C’est pour cette raison, que l’Algérie rejette toute tentative d’imposer une solution préétablie au peuple sahraoui ou de contourner son droit inaliénable à l’autodétermination, car il s’agit d’une grave déviation par rapport à la légalité internationale et aux principes de la Charte des Nations unies.

L’Algérie rejette également les démarches visant à légitimer un fait accompli colonial imposé par la force au Sahara occidental.

Le 30 octobre, lors de la session du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée au Sahara occidental, le recours de la Russie à son droit de veto pour rejeter le projet de résolution favorable au Maroc proposée par les États-Unis, a contribué de maintenir la question sahraouie dans son cadre véritable à savoir une question de décolonisation par l’exercice par le peuple sahraoui de son droit à l’autodétermination.

Le véto russe a maintenu également la question sahraouie dans le cadre de la légalité internationale, c’est-à-dire le cadre de l’ONU dont les responsabilités ont été mises en évidence à ce propos. 

M’hamed Rebah