L’Arabie saoudite a demandé aux Etats unis de ne pas précipiter de nouvelles frappes contre l’Iran après les élections américaines prévues mardi prochain. Riyad a indiqué qu’elle « soutient les médiations qatarie et pakistanaise pour relancer les négociations » en vue de prémunir la région d’une nouvelle escalade voire d’une guerre régionale.
Hier, des médiateurs qataris sont arrivés, à Téhéran, en coordination avec Washington, « pour tenter de relancer les négociations entre l’Iran et les États-Unis ». Doha avait proposé un accord prévoyant des mesures de confiance sur sept jours, mais Téhéran l’a rejeté, exigeant notamment « la levée du blocus américain et des sanctions pétrolières ».
Par ailleurs, l’Arabie saoudite tente de convaincre les États-Unis de renoncer, du moins temporairement, à une nouvelle offensive contre l’Iran. Selon des informations publiées par le média américain Axios, des responsables saoudiens ont demandé à l’administration Trump « de ne pas précipiter une reprise des hostilités et de laisser davantage de temps aux négociations ». Ce geste intervient alors que, selon le média, « Washington et Israël préparent d’éventuelles frappes contre la République islamique après les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre ». L’initiative saoudienne fait suite à une visite exceptionnelle effectuée lundi dernier, à Téhéran par le ministre saoudien de la Défense Khaled ben Salmane, accompagné de hauts responsables turcs et pakistanais.
Des efforts pour éviter une nouvelle escalade voire une guerre régionale aux conséquences gravissimes au-delà la région
Les trois pays, liés par le Pacte de La Mecque, cherchent à éviter une escalade régionale, non sans conséquences gravissimes sur la scène mondiale. À leur retour, les émissaires ont informé la Maison Blanche « des inquiétudes iraniennes face à une éventuelle campagne de bombardements israélo-américaine » selon le média américain.
Riyad soutient aussi les efforts de médiation du Qatar auprès de l’Iran, qui réclame un allègement des sanctions, le déblocage de ses avoirs et la levée du blocus maritime américain, depuis l’agression militaire des Etats Unis et de l’entité sioniste.
La prudence saoudienne s’explique avant tout par des considérations sécuritaires et économiques. Déjà confronté à une intensification des attaques des yéménites contre ses infrastructures pétrolières et aéroportuaires, le royaume redoute qu’une nouvelle guerre avec l’Iran ne provoque l’embrasement de toute la région. Le détroit d’Ormuz constitue une autre préoccupation majeure. Toute escalade pourrait perturber davantage les exportations énergétiques et fragiliser les économies du Golfe.
Dans un communiqué publié lundi, le ministère saoudien des Affaires étrangères a ainsi insisté sur « la nécessité de rouvrir les canaux de négociation pour éviter une reprise des hostilités ». Malgré les efforts de Riyad et de ses partenaires, Donald Trump maintient sa posture, tantôt menaçant que les frappes vont être menées et tantôt, anonçant qu’il privilégie des négociations et attendre une réponse de Téhéran, sur fond des échecs des agressions militaires précédentes contre l’Iran, demeurant depuis dans ses capacités de riposter et en l’absence d’effondrement des institutions dans ce pays, après les assassinats ciblés de grandes figures de responsables iraniens.
R. I.













