POUR LA STABILITÉ DANS LA RÉGION : L’État sahraoui « prêt à coopérer » avec l’ONU

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L’État sahraoui entend poursuivre sa mobilisation diplomatique et militaire pour défendre le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et préserver les acquis de sa cause sur la scène internationale. Il se dit néanmoins disposé à coopérer avec les Nations unies afin de relancer le processus de paix dans le respect de son cadre juridique initial, considéré comme une condition essentielle à la stabilité régionale. C’est ce qu’a affirmé, jeudi, Hamdi Salek Djeddou, conseiller politique du président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Brahim Ghali, dans une déclaration à la presse. Évoquant les dernières évolutions du dossier sahraoui, le responsable a notamment critiqué le soutien américain à la proposition marocaine d’autonomie, qu’il inscrit dans le contexte du rapprochement entre le Maroc, l’entité sioniste et les États-Unis, dans le cadre des accords d’Abraham. Pour le conseiller politique, le Front Polisario et la direction sahraouie considèrent le projet d’autonomie comme une simple option parmi d’autres, et non comme une solution exclusive au conflit. Il a ainsi rappelé que l’indépendance, l’intégration et l’autonomie constituent différentes options, soulignant le rejet par le peuple sahraoui de toute formule qui ne respecterait pas sa volonté. «Ces demi-solutions et ces solutions douteuses sont rejetées par le peuple sahraoui. Et nous ne sommes qu’une voix qui exprime la volonté de ce peuple», a-t-il insisté, affirmant qu’aucune issue ne saurait être imposée aux Sahraouis en dehors de leur droit à l’autodétermination. Hamdi Salek Djeddou a également estimé que la position américaine actuelle s’inscrivait dans la continuité d’une orientation remontant à 1975, année de l’organisation de la Marche verte. Dénonçant ce qu’il qualifie d’injustice américaine, il a notamment pointé du doigt le soutien de l’entité sioniste, de la France et d’autres puissances occidentales à la position marocaine. Malgré ces pressions, a-t-il assuré, le peuple sahraoui reste déterminé à poursuivre sa lutte pour faire reconnaître son existence, exercer sa souveraineté sur son territoire et concrétiser son indépendance.

La paix et la justice, conditions de la stabilité régionale
Concernant les dernières propositions relatives au règlement du conflit, le responsable sahraoui a estimé qu’elles ne remettaient pas en cause la détermination du peuple sahraoui, rappelant les sacrifices consentis et les efforts du Front Polisario pour parvenir à une solution juste et durable. Il a, par ailleurs, mis en garde contre les conséquences des développements actuels, susceptibles, selon lui, d’aggraver les tensions et de conduire la région vers davantage d’instabilité. À ce titre, il a plaidé pour une approche fondée sur le droit international, la justice et la paix, estimant que ces principes constituent les seuls fondements d’une stabilité durable et d’un véritable développement dans la région. Abordant le rôle de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), Hamdi Salek Djeddou a rappelé que celle-ci avait initialement été mise en place pour superviser le processus référendaire devant permettre au peuple sahraoui de choisir librement son avenir. Il a ainsi dénoncé les tentatives visant, selon lui, à modifier la nature de cette mission et à faire évoluer le traitement du dossier sahraoui d’une question politique vers une problématique essentiellement humanitaire. Une démarche qu’il juge contraire à l’histoire et aux fondements du processus onusien. « Nous ne sommes pas des réfugiés du pain, ni des réfugiés pour des revendications économiques, des catastrophes naturelles ou une guerre civile. Nous sommes des réfugiés d’une cause qui se résume à la réalisation de l’autodétermination », a-t-il déclaré, insistant sur la dimension politique de la question des réfugiés sahraouis. Dans ce contexte, le conseiller politique a rappelé que le Front Polisario avait menacé de se retirer de l’ensemble du processus de négociation si la dernière mouture proposée venait à être adoptée. Réaffirmant qu’aucune solution ne pouvait être imposée au peuple sahraoui, il a également souligné que l’implication des Nations unies dans le dossier était intervenue à la fin des années 1980 et au début des années 1990, bien après le déclenchement du conflit. Enfin, Hamdi Salek Djeddou a réitéré la détermination du peuple sahraoui à poursuivre sa lutte, y compris au prix de nouveaux sacrifices, affirmant que l’armée sahraouie se tenait prête à faire face à toute éventuelle escalade.
M. S.